En Allemagne, le gouvernement mis sous pression pour convoquer des élections anticipées

Suite à la défaite écrasante des partis de la coalition gouvernementale allemande lors des élections européennes, des personnalités de l’opposition exhortent le chancelier allemand Olaf Scholz à convoquer des élections anticipées, comme l’a fait le président français Emmanuel Macron.

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German Chancellor Scholz delivers government statement on current security situation
« Le résultat des élections est mauvais pour les trois partis de [la coalition au pouvoir] », a admis Olaf Scholz lundi soir. [[EPA-EFE/CLEMENS BILAN]]

Après la défaite écrasante des partis de la coalition gouvernementale allemande lors des élections européennes, des personnalités de l’opposition exhortent le chancelier allemand Olaf Scholz à convoquer des élections anticipées, comme l’a fait le président français Emmanuel Macron après que son parti ait été battu à plate couture par le Rassemblement national.

Le Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD, S&D) d’Olaf Scholz et ses partenaires de coalition, le Parti libéral-démocrate (FDP, Renew) et les Verts, ont remporté 30,4 % des voix dimanche (9 juin), soit à peine plus que le vainqueur, le parti de centre droit CDU/CSU qui a récolté 30 % des voix à lui seul.

« Le résultat des élections est mauvais pour les trois partis de [la coalition au pouvoir] », a admis Olaf Scholz lundi soir.

« Ils doivent maintenant servir de référence pour que tout le monde fasse des efforts et relève les défis à venir », a-t-il déclaré à des journalistes à Berlin.

Dans le sillage de cette défaite écrasante, des personnalités de l’opposition ont exhorté le chancelier allemand à suivre l’exemple d’Emmanuel Macron, qui a convoqué des élections législatives anticipées après que l’extrême droite a battu son parti lors des élections européennes du week-end dernier.

« Ce gouvernement est pratiquement terminé. Il faut maintenant faire comme en France », a déclaré à RTL/NTV le ministre-président de Bavière, Markus Söder (CSU, PPE), une figure dominante du parti au niveau national et de l’État.

« Nous avons besoin d’un nouveau départ pour notre pays. La [coalition] n’a plus de mandat, ne jouit plus de la confiance de la population, et c’est pourquoi il devrait y avoir des élections anticipées dès que possible », a-t-il poursuivi.

Friedrich Merz, président de la CDU, a déclaré qu’il « n’excluait pas un tel scénario », tandis que les médias allemands ont cité d’autres sources anonymes du parti qui se sont déclarées favorables à des élections anticipées.

Le gouvernement, pour sa part, a rejeté ces appels : « La date habituelle des élections est fixée à l’automne prochain et nous prévoyons de la respecter », a déclaré un porte-parole à la presse.

Le ministre des Finances, Christian Lindner (FDP, Renew), a également soutenu Olaf Scholz, affirmant qu’il n’y avait aucune raison de remettre en question la confiance de la coalition dans le chancelier.

Par ailleurs, les experts affirment que les parallèles entre l’Allemagne et la France remettent en question le leadership franco-allemand sur des décisions relatives à l’UE telles que les top jobs, les priorités à moyen terme, l’élargissement et les réformes.

« Le gouvernement [allemand] a été sévèrement puni. […] Il en va de même en France. Nous n’attendons donc pas de leadership de la part de la France et de l’Allemagne en ce moment », a déclaré Johannes Lindner, codirecteur de l’Institut Jacques Delors.