En 2023, les émissions de l’industrie et de l’électricité ont baissé de 15 % dans l’UE

En 2023, les secteurs de l’industrie et de l’électricité, couverts par le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE), ont enregistré une baisse de 15 % de leurs émissions. Les experts s'interrogent toutefois sur la raison de cette baisse. Est-elle vraiment le résultat du SEQE ?

Euractiv.com
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Les secteurs européens de l’industrie et de l’électricité sont sur la bonne voie pour atteindre leur objectif de réduction de 62 % en 2030. [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/fossil-fuel-coal-power-station-wind-2073569843" target="_blank" rel="noopener">Shutterstock/Sander van der Werf</a>]

En 2023, les secteurs de l’industrie et de la production d’électricité, couverts par le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE), ont enregistré une baisse de 15 % de leurs émissions, ce qui les met sur la bonne voie pour atteindre leurs objectifs de 2030. Les experts s’interrogent toutefois sur la raison de cette baisse. Est-elle vraiment le résultat du SEQE ?

Le SEQE fixe un plafond annuel pour les émissions des secteurs de l’industrie et de l’électricité, qui représentent 40 % de l’économie. Ce système permet aux entreprises d’acheter et de vendre des droits d’émissions, ce qui a pour effet de déterminer le prix du CO2. Actuellement, ce prix fluctue au-dessus de 50 euros, après avoir connu une diminution jusqu’en 2023.

« Les émissions de l’année dernière dans le cadre du SEQE montrent les réductions annuelles les plus importantes depuis son lancement en 2005. Les avancées significatives du secteur de l’électricité en matière de décarbonation en sont le principal moteur », peut-on lire dans un communiqué publié mercredi (3 avril) par la direction générale de l’action pour le climat (DG CLIMA).

Les secteurs de la production d’électricité et l’industrie ont réduit leurs émissions de 15,5 % par rapport à 2022, soit une diminution de 47 % par rapport aux niveaux de 2005. Ils se rapprochent donc de leurs objectifs de réduction de 62 % pour 2030.

C’est le secteur de la production d’électricité qui enregistre la plus grande baisse, avec 24 %. Cette diminution est notamment due à l’augmentation de la production issue de l’énergie éolienne et solaire, mais aussi, bien que dans une moindre mesure, à une plus grande proportion de la production d’hydroélectricité et d’énergie nucléaire dans le bouquet énergétique du bloc grâce à des conditions climatiques plus favorables à ces énergies.

L’industrie, touchée par la crise énergétique, a pour sa part vu ses émissions diminuer de 7 %, grâce à l’amélioration de l’efficacité et au ralentissement de la production.

À titre de comparaison, les émissions du secteur de l’aviation ont augmenté de 10 %, stimulées par la reprise continue après la pandémie.

Les observateurs préviennent toutefois que les réductions d’émissions enregistrées en 2023 risquent de ne pas être durables. En Allemagne, par exemple, le groupe de réflexion Agora Energiewende a constaté que 85 % des progrès climatiques ne sont pas « garantis à long terme ».

D’après le groupe de réflexion, « une grande partie de la réduction par rapport à 2022 est le résultat d’une baisse importante et inattendue de la consommation de charbon, ainsi qu’à une baisse de production liée à la crise et à la conjoncture dans l’industrie à forte consommation d’énergie ».

À l’inverse, l’Office fédéral allemand de l’environnement (Umweltbundesamt), une agence gouvernementale indépendante, a déclaré que malgré une reprise de la croissance économique, les réductions d’émissions se maintiendront et que les objectifs pour 2030 sont à portée de main.

D’autres secteurs, comme l’agriculture, les transports et le chauffage — pour lequels le règlement de l’UE sur la répartition de l’effort fixe des objectifs —  ne sont toutefois pas aussi bien placés pour atteindre leurs objectifs.

Dans ce domaine, l’UE ne devrait réduire ses émissions que de 34 % au lieu des 40 % visés d’ici à 2030.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]