Emmanuel Macron rassure l’OTAN quant à ses engagements internationaux en matière de sécurité

Alors que les élections législatives françaises laissent planer le doute sur la forme que prendra le prochain gouvernement, le président Emmanuel Macron a assuré aux alliés de l’OTAN et à l’Ukraine que Paris restait dévoué à ses engagements internationaux en matière de sécurité.

Euractiv.com
75th NATO Summit in Washington, DC
Le président français Emmanuel Macron (à gauche), le Premier ministre canadien Justin Trudeau (au centre) et la Première ministre danoise Mette Frederiksen (à droite) lors d'un sommet de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) à Washington DC, le 11 juillet 2024. [EPA-EFE/SHAWN THEW]

Alors que les élections législatives françaises laissent planer le doute sur la forme que prendra le prochain gouvernement, le président Emmanuel Macron a assuré aux alliés de l’OTAN et à l’Ukraine que Paris restait dévoué à ses engagements internationaux en matière de sécurité.

« J’ai pu confirmer à l’ensemble de mes homologues et alliés que la France aurait une approche de continuité de ses engagements internationaux, qu’il s’agisse de l’Europe, de l’Alliance ou du soutien à l’Ukraine, car les forces politiques qui constituent une majorité à l’Assemblée sont en faveur de ces lignes », a indiqué Emmanuel Macron aux journalistes à l’issue du sommet.

« En aucun cas ce ne sont les forces qui les remettaient en cause qui ont dégagé une majorité », a-t-il insisté, faisant référence au Rassemblement national (RN) d’extrême droite et à la France insoumise (LFI), membre du mouvement de gauche Nouveau Front populaire.

Lors de sa visite à Washington, il a « rassuré » les Alliés, deux jours seulement après que les résultats des élections anticipées en France ont fait craindre pour le maintien des engagements de Paris, selon des personnes au fait des discussions.

Le mois dernier, Emmanuel Macron a convoqué des élections législatives anticipées après que le parti RN d’extrême droite a remporté trois fois plus de sièges que sa liste aux élections européennes.

Au cours de la période précédant les élections, les sondages prévoyaient que l’extrême droite remporterait une majorité de sièges à l’Assemblée nationale, ce qui laissait craindre que le RN soit en mesure de briguer le poste de Premier ministre.

Cependant, les résultats du dernier tour, qui a eu lieu dimanche (7 juillet), ont finalement laissé l’Assemblée nationale sans majorité claire pour la majorité présidentielle (arrivée deuxième), mais également pour la nouvelle alliance de gauche, le Nouveau Front populaire (NFP, qui dispose du plus grand nombre de sièges), et pour l’extrême droite (qui se place en troisième position). La France est donc dans l’incertitude, et ses alliés ne savent pas à quoi s’attendre en matière de politique de défense et de politique étrangère.

Mercredi (10 juillet), Emmanuel Macron a écrit une lettre au peuple français dans laquelle il « demande à l’ensemble des forces politiques se reconnaissant dans les institutions républicaines, l’État de droit, le parlementarisme, une orientation européenne et la défense de l’indépendance française, d’engager un dialogue sincère et loyal pour bâtir une majorité solide, nécessairement plurielle, pour le pays ».

La lettre, publiée avant le sommet de l’OTAN et après l’annonce des résultats finaux des élections en France, suggère que le président souhaite se montrer rassurant quant au fait que le pays ne changera pas radicalement de position.

Soulagement et réconfort

Les paroles du président auraient « soulagé » ses homologues, leurs craintes concernant le « risque d’avoir une formation politique qui remette en cause la présence dans le commandement intégré de l’OTAN, qui questionne pour une autre notre dissuasion, qui remette en cause profondément l’aide à l’Ukraine » — une référence aux positions du RN et de LFI — ayant été estompées.

Emmanuel Macron a toutefois refusé de s’exprimer sur la nomination du futur Premier ministre et de préciser s’il sera issu de LFI, membre du NFP qui a remporté le plus grand nombre de sièges lors des élections anticipées.

Au niveau international, la France est à la tête d’une coalition chargée d’acquérir et de coordonner les livraisons d’armes et des missiles à longue portée pour approvisionner l’Ukraine. Elle a également promis des avions de combat Mirage et a envoyé 2 000 soldats dans les pays baltes et en Roumanie pour renforcer le flanc oriental de l’Alliance.

Lors des discussions bilatérales au sommet avec ses homologues, Emmanuel Macron « a dit que la France avait aujourd’hui tous les moyens de confirmer ses engagements envers l’Ukraine et ses alliés », a confié une source diplomatique française à Euractiv.

Dans un discours officiel adressé à ses homologues, le président de la République « a conclu en disant que les Français avaient fait le choix d’exclure les partis extrémistes qui auraient pu remettre en cause l’engagement de la France en Ukraine ou au sein de l’Alliance », a ajouté la source.

« La France a un président fort qui agit sur la scène internationale. J’ai eu hier un très bon échange avec mon ami Emmanuel Macron, donc je ne me demande pas ce qui va se passer », a déclaré à la presse le chancelier allemand Olaf Scholz après des entretiens bilatéraux avec son homologue français mercredi.

« La France sera, dans l’agenda international, un grand partenaire, un partenaire fort pour nous tous, et en particulier un partenaire pour l’Allemagne », avait déjà affirmé le chancelier à en début de semaine.

À Washington, Emmanuel Macron a rencontré plusieurs autres dirigeants de l’OTAN, dont le Premier ministre néerlandais nouvellement élu Dirk Schoof et son homologue britannique Keir Starmer.

En signe de son engagement à accroître la production de missiles à longue portée pour la défense et à soutenir l’Ukraine, la France a lancé avec l’Allemagne, l’Italie et la Pologne l’initiative ELSA (European Long Range Strike Approach) visant à développer, produire et fournir ces capacités.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]