Emmanuel Macron propose de reconduire Thierry Breton à la Commission européenne
Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron a désigné Thierry Breton — ennemi juré de l’Allemande — pour un deuxième mandat en tant que commissaire européen.
Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron a désigné Thierry Breton — ennemi juré de l’Allemande — pour un deuxième mandat en tant que commissaire européen.
Alors que le président de la République a appelé à une « trêve politique » le temps des Jeux olympiques, cela ne l’empêche pas de garder un œil sur la composition de la nouvelle Commission européenne.
Emmanuel Macron aura patienté une semaine après la réélection d’Ursula von der Leyen le 18 juillet à la tête de la Commission européenne, pour lui proposer formellement, dans une lettre datée du 25 juillet et obtenue par Euractiv, le nom de Thierry Breton parmi les membres de l’institution européenne.
Dans son courrier, le président de la République souligne les « qualités propres » et l’« expérience » de Thierry Breton, « notamment au cours de la précédente mandature » durant laquelle il a occupé le poste de commissaire européen chargé du Marché intérieur.
C’est notamment lui qui a défini les prémisses d’une défense européenne en coordonnant la production et livraison d’obus européens en Ukraine. Depuis quelques mois, il est aussi le fer de lance d’un fonds européen de 100 milliards d’euros pour l’Ukraine, financé en partie par un nouvel emprunt commun.
L’annonce n’est pas une surprise : le 27 juin dernier déjà, à l’issue du Conseil européen, Emmanuel Macron ne cachait pas son souhait de voir Thierry Breton reconduit au sein de la Commission européenne.
Cela met en outre fin aux rumeurs qui laissaient penser que Bruno Le Maire, ministre démissionnaire de l’Economie et des Finances, briguait aussi le poste.
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Ennemis jurés
La désignation de l’ancien capitaine d’industrie par Emmanuel Macron est d’autant plus notable qu’il est l’ennemi juré – et assumé – d’Ursula von der Leyen.
L’été dernier, il pesait de toutes ses forces contre la nomination de Fiona Scott Morton, protégée de la présidente de la Commission et pressentie au poste d’économiste en chef de la direction de la concurrence – si bien que l’Américaine a été contrainte de jeter le tablier.
En mars dernier, il remettait en question l’influence d’Ursula von der Leyen, alors que celle-ci s’assurait le soutien de sa famille politique, le PPE, pour un deuxième mandat avec une très faible majorité.
« Malgré ses qualités, Ursula von der Leyen [est] mise en minorité par son propre parti. La vraie question désormais : ‘Est-il possible de (re)confier la gestion de l’Europe au PPE pour 5 ans de plus, soit 25 ans d’affilée ?' », écrivait-il sur le réseau social X, s’attirant les foudres de l’Allemande, et attisant même la colère d’Emmanuel Macron.
Âgé de 69 ans, l’ancien ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie de 2005 à 2007, pourrait donc bien prolonger son expatriation bruxelloise aux côtés des 26 autres commissaires européens.
L’exécutif de la Commission européenne est composé d’un commissaire par pays membre. Ursula von der Leyen, dans un courrier adressé aux Etats membres, a demandé que les noms des candidats lui soient communiqués d’ici le 30 août.
Une nouvelle règle oblige par ailleurs les capitales européennes à présenter un homme et une femme à chaque fois, sauf lorsque le candidat était déjà en poste lors de la mandature précédente.
Une fois la désignation actée, le collège de Commissaire fait l’objet d’une audition publique au Parlement européen, puis les députés européens se prononcent sur l’entièreté du collège.