Emmanuel Macron attendu au Groenland pour une démonstration d’unité européenne face à la menace américaine

Emmanuel Macron se rendra au Groenland dimanche 15 juin, aux côtés de la Première ministre danoise, pour afficher « l’unité européenne » face aux menaces américaines d’annexion de ce territoire stratégique et riche en minerais.

/ EURACTIV.com
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La Première ministre danoise Mette Frederiksen et Emmanuel Macron. [Getty Images/Antoine Gyori_Corbis]

Le président Emmanuel Macron se rendra au Groenland dimanche 15 juin, aux côtés de la Première ministre danoise Mette Frederiksen, pour afficher « l’unité européenne » face aux menaces américaines d’annexion de ce territoire danois stratégique et riche en minerais.

Emmanuel Macron effectuera cette visite « à l’invitation » du Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, et de la Première ministre danoise, qu’il rencontrera « conjointement », a indiqué l’Élysée dans un communiqué publié samedi 7 juin.

Les trois dirigeants débattront de la sécurité dans l’Arctique. Ils discuteront également du développement économique, du changement climatique et de l’énergie, apprend-on dans un communiqué du bureau de Mette Frederiksen.

Mette Frederiksen s’est félicitée du soutien international affiché récemment en faveur du Groenland et du Danemark. « La venue d’Emmanuel Macron constitue une nouvelle illustration concrète de la solidarité européenne », a-t-elle déclaré.

Emmanuel Macron sera le premier chef d’État étranger à effectuer une visite officielle sur l’île depuis que les États-Unis ont exprimé leur intérêt pour une éventuelle annexion. L’île dispose d’une localisation stratégique, que Donald Trump juge nécessaire pour contrer la présence militaire croissante de la Russie et de la Chine dans l’Arctique.

Cette visite intervient également après un vote à l’Assemblée le 5 juin, où les députés français ont approuvé à une courte majorité (212 voix contre 198) une résolution en faveur d’un éventuel soutien militaire au Danemark pour contrer les ambitions expansionnistes de Washington.

Le même jour, Mette Frederiksen mettait en garde contre le fait que « le Groenland et le Danemark ont récemment été soumis à des pressions inacceptables de la part de notre plus proche allié », faisant référence aux États-Unis.

L’annonce de samedi était largement attendue par les médias groenlandais. Le journal groenlandais Sermitsiaq avait rapporté plus tôt dans la semaine que le dirigeant français se rendrait sur l’île cet été, citant des « sources fiables ».

En mai, la ministre des Affaires étrangères du Groenland, Vivian Motzfeldt, s’est rendue en France et a officiellement remis une invitation à visiter l’île au président de la République.

Bien que colonisé par le Danemark il y a plus de trois siècles, le Groenland est devenu autonome en 1979. Toutefois, certaines compétences, comme la défense ou les affaires étrangères, restent à ce jour entre les mains de Copenhague.

Depuis 2009, les Groenlandais disposent du droit de lancer une procédure d’indépendance s’ils le souhaitent. Celle-ci impliquerait des négociations avec le gouvernement danois, suivies d’un référendum local et d’un vote du parlement du Danemark pour ratifier l’accord.

Si l’indépendance à plus ou moins long terme fait consensus parmi les principaux partis politiques groenlandais, aucun ne plaide en faveur d’un rattachement aux États-Unis, comme le souligne France 24.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]