Emmanuel Macron annonce vouloir inscrire l’IVG dans la Constitution, une « victoire » pour les associations féministes
A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes mardi 8 mars, le président de la République a annoncé un projet de loi pour « graver la liberté » de recourir à l’IVG dans la Constitution. Une annonce saluée par les associations féministes.
A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes mardi 8 mars, le président de la République a annoncé un projet de loi pour « graver la liberté » de recourir à l’IVG dans la Constitution. Une annonce saluée par les associations féministes.
« Je veux aujourd’hui que la force de ce message nous aide à changer notre Constitution afin de graver la liberté des femmes à recourir à l’interruption volontaire de grossesse, pour assurer solennellement que rien ne pourra entraver ou défaire ce qui sera ainsi irréversible », a déclaré Emmanuel Macron lors d’un hommage à l’avocate et militante féministe Gisèle Halimi, décédée le 28 juillet 2020, qui s’est notamment battu pour défendre le droit à l’avortement en France.
« Cette annonce est une victoire pour les associations féministes », a déclaré dans un communiqué de presse la Fondation des femmes, qui souligne que 80% des Françaises et des Français sont favorables à ce projet de loi.
« Les féministes du monde entier regardent la France », a écrit dans un tweet le Planning Familial.
Une victoire des associations féministes en 🇫🇷, grâce à un engagement de parlementaires, le Président de la République a annoncé «changer notre constitution afin d'y graver la liberté des femmes à recourir l'IVG» Les féministes du monde entier regardent la France #IVGconstitution pic.twitter.com/ztsW9osNZq
— Le Planning Familial (@leplanning) March 8, 2023
Selon M. Macron, le projet de loi constitutionnel devrait arriver « dans les prochains mois ».
Au-delà d’une symbolique forte, inscrire le droit à l’IVG dans la Constitution garantirait l’accès à l’avortement quelle que soit la majorité politique au pouvoir.
« Elle [l’annonce du président, NDLR] sécurise ce droit pour les années à venir et les femmes de demain. Sans accès à l’avortement libre et sécurisé, il n’y a pas d’égalité entre les hommes et les femmes », peut-on lire dans le communiqué de la Fondation des femmes.
« Ce qui est permis par la loi peut être défait par une autre loi. Nous devons réaffirmer la protection que nous voulons donner à l’IVG », avait déclaré en janvier dernier la députée la France Insoumise (LFI) Mathilde Panot à EURACTIV.
Mercredi 1er février, le Sénat a donné son feu vert à la constitutionalistion de l’avortement. Le texte doit désormais être examiné à l’Assemblée nationale afin que les deux chambres s’accordent sur le même texte.
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Une première en Europe
Si le projet abouti, la France serait le premier pays en Europe et dans le monde à constitutionnaliser ce droit.
Si en Europe, avorter est légal presque partout, plusieurs « obstacles » et « restrictions spécifiques » sont toujours en place dans certains pays, soulignait en juin dernier un communiqué de presse de 70 associations de défense des droits des femmes.
A Malte par exemple, l’IVG est totalement interdite et les femmes qui y ont recours risquent jusqu’à 3 ans de prison. Quant aux médecins qui la pratiquent, ils encourent une peine de 4 ans de prison et l’interdiction d’exercer.
Depuis septembre dernier, la Hongrie oblige les femmes qui souhaitent avorter à « écouter les battements de cœur du fœtus ».
La Pologne de son côté a très fortement restreint l’accès à l’avortement : depuis janvier 2021, l’IVG est quasiment interdite sauf si la mère est en danger ou si la grossesse résulte d’un viol.
Retour à Paris où plus tôt ce mardi 8 mars, la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale a rendu un avis positif à l’inscription du droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.
Seuls les députés d’extrême droite du Rassemblement national ne se sont pas prononcés car ils étaient absents lors du vote.