Émeutes : le MEDEF estime à « plus d’un milliard d’euros » le coût des dégâts pour les entreprises

Plus de 450 magasins ont été pillés et 300 agences bancaires détruites tout au long des six derniers jours d’émeutes, selon les chiffres du MEDEF, qui estime le coût total des dégâts à plus d’un milliard d’euros et prévoit une baisse de la fréquentation touristique à Paris.

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Unrest across France over the fatal police shooting of a teenager
Il y a eu une « violence absolue et organisée », a déclaré Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF, au quotidien Le Parisien mardi (4 juillet), accusant une « minorité casseuse » de bloquer la « majorité silencieuse » qui n’aspire à qu’une chose : travailler. [Orianne Ciantar/EPA-EFE]

Plus de 450 magasins ont été pillés et 300 agences bancaires détruites tout au long des six derniers jours d’émeutes, selon les chiffres du MEDEF, qui estime le coût total des dégâts à plus d’un milliard d’euros et prévoit une baisse de la fréquentation touristique à Paris.

Il y a eu une « violence absolue et organisée », a déclaré Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF, au quotidien Le Parisien mardi (4 juillet), accusant une « minorité casseuse » de bloquer la « majorité silencieuse » qui n’aspire qu’à une chose : travailler.

Il estime le coût réel des dégâts à déjà plus d’un milliard d’euros pour le seul secteur privé, sans parler des infrastructures publiques (écoles, commissariats, mairies…).

« Tout a été volé, même des caisses enregistreuses, avant de mettre le feu pour détruire », a-t-il déploré.

La France est frappée par de violentes émeutes depuis mardi (27 juin), date à laquelle un jeune adolescent a été tué par un policier lors d’un contrôle.

Si les violences diminuent depuis la fin du week-end, elles n’ont pas manqué d’ouvrir un plus vaste débat sur les inégalités sociales et économiques que connaissent les habitants des « banlieues », où les taux de chômage dépassent de loin la moyenne nationale, et l’accès aux centres urbains est limité par un réseau de transports pas toujours fonctionnel.

« Je ne nie pas les difficultés », souligne M. Roux de Bézieux, mais il insiste : « l’économie est dans une bonne dynamique, les embauches sont en hausse, pour tous les profils ».

Il a aussi alerté sur les baisses de fréquentations touristiques qu’auraient engendrées les émeutes, alors que l’Office de tourisme parisien se prépare à 20-25 % d’annulations sur l’été. « Les vidéos des émeutes, qui ont circulé dans le monde, dégradent l’image de la France ».

Enfin, le patron du MEDEF a appelé les pouvoirs publics et les assureurs à prendre les devants pour soutenir les entreprises proches de la faillite. « Il ne faut pas remettre du ‘quoi qu’il en coûte’ […] mais des avances ponctuelles doivent être envisagées », a-t-il expliqué.

Dès lundi (3 juillet), le gouvernement annonçait le report de charges sociales et fiscales pour les entreprises affectées qui en faisaient la demande. La prolongation des soldes d’une semaine serait aussi à l’étude.

Quant aux assureurs, ils estiment avoir déjà été saisis par leurs clients à hauteur de 250 millions d’euros, tandis que des cellules de crise ont été mises sur pied. La fédération France Assureurs a aussi conseillé à ses membres de « prolonger jusqu’à 30 jours le délai de déclaration de sinistre généralement fixé à 5 jours ».