Émeutes après la mort d’un homme abattu par la police en Belgique

Oupeye, en Wallonie, a été le théâtre de violentes manifestations et d’affrontements entre les manifestants et la police durant le week-end à la suite de la mort d’un conducteur de quad âgé de 31 ans, abattu par la police vendredi dernier.

Euractiv.com
11161502-e1692590732625-800×450
Les premières manifestations ont eu lieu vendredi soir, après le décès d’un jeune homme qui était au volant d’un quad. Il a été abattu par la police d’une balle dans la tête dans l’après-midi à Oupeye, près de Liège. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

La commune d’Oupeye, en Wallonie, a été le théâtre de violentes manifestations et d’affrontements entre les manifestants et la police durant le week-end à la suite de la mort d’un conducteur de quad âgé de 31 ans, abattu par la police vendredi (18 août).

Les premières manifestations ont eu lieu vendredi soir, après le décès d’un jeune homme qui était au volant d’un quad. Il a été tué par un policier d’une balle dans la tête dans l’après-midi à Oupeye, près de Liège.

La situation est délicate, notamment au vu de la mort récente de Nahel en France — abattu par un policier lors d’un contrôle similaire — qui a entraîné des manifestations dans toute la France, qui ont ensuite fait tache d’huile en Belgique.

L’incident s’est produit alors que deux policiers procédaient au contrôle du jeune homme, qui aurait eu une conduite imprudente. Ce dernier, connu de la justice selon les informations de Sud Info, aurait refusé d’obtempérer et renversé l’un des policiers.

Les manifestations se sont étendues à la commune voisine de Herstal et ont entraîné des dégâts matériels, touchant notamment des maisons, des magasins, des voitures, une école, des abribus et d’autres pièces de mobilier urbain. Les pompiers ont dû intervenir pour éteindre des incendies, et des cocktails Molotov ont également été utilisés contre la police. Aucun blessé n’est à déplorer à ce jour et une dizaine d’arrestations ont été effectuées.

Les autorités des deux communes restent vigilantes pour les prochaines nuits et ont pris des mesures de précaution. À Oupeye par exemple, les rassemblements de plus de quatre personnes sont interdits jusqu’à lundi prochain (28 août).

La nuit de dimanche à lundi, de nouveaux affrontements avec la police ont eu lieu, malgré les mesures. Serge Fillot (Parti socialiste), maire d’Oupeye, a confié à la RTBF que les opérations étaient à présent menées par des petits groupes de casseurs mobiles, qui tentaient d’attirer la police dans des guets-apens.

Une enquête a officiellement débuté ce lundi (21 août). « Rien, à ce stade, sur base de ce que nous savons, ne nous permet de remettre en cause la légitime défense », a confié à La Libre Anthony Turra, secrétaire permanent de la CSC Police, un organisme qui défend les intérêts des membres des forces de l’ordre.

Les deux policiers sont toujours hospitalisés, l’un parce qu’il a été renversé et a de multiples fractures, l’autre parce qu’il est en état de choc. Ils seront auditionnés lundi, tandis que le corps du jeune homme abattu sera autopsié.

Fausses informations en ligne, un catalyseur de haine

M. Fillot a déclaré que les émeutes étaient basées sur « des éléments infondés, propagés sur les réseaux sociaux (notamment que la victime avait été abattue de manière illégale dans le dos) », rapporte Le Soir. Il a ajouté qu’il y avait « un sentiment de vengeance anti-flic » qui venait s’ajouter à la réaction émotionnelle. « Certains le vivent comme une injustice, d’autres font un parallèle avec ce qui s’est passé en France avec la mort de Nahel. »

D’autres fausses informations sont également diffusées en ligne. Par exemple, une photo d’un véhicule blanc qui serait la « voiture du policier tireur ». Or, selon Damien Leboutte, procureur de Division au parquet de Liège, elle appartient à quelqu’un d’autre. Il en va de même pour la photo d’un policier sur laquelle on peut lire « Maxime, 25 ans », le nom et l’âge du policier qui a ouvert le feu. « […] Encore une fois, ce n’est pas la bonne personne », a déclaré M. Leboutte. Le parquet a été informé de la circulation de ces fausses informations et a indiqué que les personnes qui en sont à l’origine seront recherchées, rapporte La Libre.

Deux jeunes ayant participé aux émeutes se sont exprimés au micro de RTL dimanche, déclarant que cela « peut arriver à tout le monde de se faire tirer dessus par-derrière [ce qui serait une fausse information], comme ils l’ont fait avec notre ami ». « Déjà, l’État fait qu’on n’arrive pas à s’en sortir. Chez nous, c’est la galère. On doit répliquer et faire quelque chose. […] Hier, c’est la haine qui a parlé. Moi je vous le dit, ici ça va encore être le dawa, comme Nahel en France. C’est la même chose. »