Embargo russe sur le boeuf polonais : les 25 se rangent derrière la Pologne [FR]
Les efforts russes pour signer des accords bilatéraux avec les grands exportateurs de viande comme l'Allemagne et l'Irlande se sont heurtés à des résistances lors du sommet européen à Bruxelles.
Les efforts russes pour signer des accords bilatéraux avec les grands exportateurs de viande comme l’Allemagne et l’Irlande se sont heurtés à des résistances lors du sommet européen à Bruxelles.
La Russie a menacé d’étendre son embargo sur le boeuf polonais à toute l’Europe des 25 à partir de janvier 2007, préoccupée par les normes sanitaires du boeuf en provenance de Bulgarie et de Roumanie. C’est en raison de cet embargo que la Pologne à mis son veto à la signature d’un accord de partenariat et de coopération (APC) de grande envergure entre l’UE et la Russie le 24 novembre dernier (lire EURACTIV, 27 novembre 2006).
Un embargo russe sur les importations européennes de viande, de produits laitiers et de poisson pourrait entraîner des pertes commerciales d’environ 1,7 milliard d’euros.
Jusqu’à présent, les Etats membres se sont retenus de signer des accords bilatéraux contournant la Commission européenne, qui est responsable de la négociation d’accords commerciaux européens.
Lors du sommet européen de Bruxelles des 14 et 15 décembre, le président polonais, Lech Kaczynski, a laissé entendre qu’un accord était imminent : « Certains pensaient même pouvoir trouver un accord aujourd’hui, mais il semble que cela prendra quelques jours de plus ».
Le premier ministre finlandais, Matti Vanhanen, qui a présidé le sommet de Bruxelles, a souligné l’importance d’une position commune : « Je pense que dans ce genre de cas, nous devons agir en groupe. J’attends des Etats membres qu’ils se soutiennent mutuellement ».
Le premier ministre irlandais, Bertie Ahern, a ajouté : »Il s’agit d’une question européenne. La Commission mènera les négociations et traitera directement avec la Russie ».
Le responsable de l’agence russe de surveillance de la santé des plantes et des animaux a déclaré que son agence avait envoyé des propositions d’accords bilatéraux à huit grands exportateurs de viande en Europe, tout en confirmant qu’aucun accord n’avait été signé. Il a toutefois prévenu : « S’il y a des retards sur les importations de viande à partir du 1er janvier 2007, ce ne sera pas de notre faute ».
Dans le même temps, la Commission a précisé qu’elle considèrerait tout accord bilatéral avec la Russie comme illégal. Selon Peter Power, porte-parole du commissaire au commerce, Peter Mandelson : « C’est un sujet qui touche le coeur de notre politique commerciale et nous y répondrons par une approche européenne unique ».