Elisabeth Borne à Bruxelles pour soutenir la réforme du marché de l'énergie et l'hydrogène issu du nucléaire
La Première ministre française Elisabeth Borne rencontrera jeudi (16 février) la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, pour appuyer la position française en matière d’énergie notamment.
La Première ministre française Elisabeth Borne rencontrera jeudi (16 février) la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, pour appuyer la position française en matière d’énergie notamment.
Il s’agit de la première rencontre officielle d’Ursula von der Leyen et Elisabeth Borne depuis que celle-ci a été nommée première ministre en mai 2022. La Première ministre s’entretiendra également avec deux vice-présidents de la Commission, Valdis Dombrowskis et Frans Timmermans.
D’ordinaire, pour la France, c’est le président de la République qui entretient les liens diplomatiques et les relations avec les institutions européennes. Ce voyage est donc particulièrement important pour la Première ministre et ses services, et « arrive à un moment pertinent », peu après l’ « accueil plutôt favorable » du plan pour l’industrie verte européenne de la part des chefs d’Etat et de gouvernement, lors du Conseil européen de début février.
Outre les questions relatives à la simplification de l’accès aux aides d’état et des financements par les fonds européens, les deux têtes de l’exécutif français et européen aborderont les sujets énergétiques. L’objectif serait d’appuyer la position française, exprimée dans les instances européennes par la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher d’une part et par le président Emmanuel Macron d’autre part.
En particulier, la Première ministre française réaffirmera « la nécessité de réformer le marché » de l’énergie, qui doit « favoriser pleinement le système énergétique décarboné au prix le plus bas possible », ont indiqué les services de la Première ministre. La France n’a pas l’intention de remettre en cause ce marché, soulignent-ils, alors que certains Etats membres semblent le craindre.
Ainsi, si les Etats ont un « accord sur l’objectif » de garder des prix bas et non volatiles, « des discussions sur les modalités » d’y parvenir existent. Avec d’autres pays, la France défend donc davantage une intervention étatique, par des soutiens publics, des aides d’Etat, le maintien de la taxation sur la rente inframarginale en cas de hausse trop forte. D’autres Etats, comme l’Allemagne et les Pays-Bas, optent plutôt pour la régulation.
Concernant l’hydrogène, les services d’Elisabeth Borne se réjouissent de la « volonté européenne de promouvoir l’hydrogène », qu’elle soutiendra. Or, là où les points de vue peuvent diverger, c’est dans la manière de pousser pour cet « hydrogène bas carbone » : outre la production d’hydrogène par les énergies renouvelables, la France demande que l’UE puisse favoriser un hydrogène aussi « issu du nucléaire. » La France porte cette ambition avec neuf autres pays européens, ayant une lettre en ce sens à la Commission.
« La Première ministre rappellera au plus haut niveau combien cet enjeu est tout à fait essentiel », ont donc insisté ses services auprès des journalistes.
[Paul Messad a contribué à la rédaction de cet article]