Electricité : Premier bilan de la coordination de trois gestionnaires de réseau
Depuis un an, les gestionnaires de réseau de transport belge, français et britanniques ont évité quatre incidents potentiels qui auraient pu déboucher sur une importante coupure électrique en Europe.
Depuis un an, les gestionnaires de réseau de transport belge, français et britanniques ont évité quatre incidents potentiels qui auraient pu déboucher sur une importante coupure électrique en Europe.
Le gestionnaire français du réseau électrique à haute tension, RTE, et ses homologues britannique (Elia) et belge (National Grid) ont dressé, vendredi 7 mai à Bruxelles, un premier bilan du centre de coordination Coreso.
Ce centre, qui a pour objectif de coordonner les réseaux de transport du Centre-ouest européen (France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni, Luxembourg) a été créé après la vaste coupure d’électricité intervenue en Europe en novembre 2006. Dix millions d’Européens avaient alors été privés d’électricité.
Depuis un an, les gestionnaires de Coreso ont ainsi évité quatre incidents potentiels du même type. Pour cela, le centre bruxellois simule chaque jour 1500 événements qui pourraient survenir, 24h plus tard, sur le réseau de transport. Cette simulation tient compte des paramètres variables comme les prévisions météorologiques, la consommation prévue, l’import et l’export d’électricité, la production d’électricité,… Le centre de coordination examine si les événements simulés engrendreraient des incidents. Si c’est le cas, Coreso contacte les gestionnaires de réseau de transport (GRT) concernés et les incite à trouver une solution pour éviter les incidents identifiés.
Mardi 4 mai, le centre de Bruxelles a identifié qu’en cas de perte d’une ligne dans le Nord de la France, le transport d’électricité à travers toute la Belgique aurait pu être confronté à d’importantes difficultés. Si aucun évenement n’est finalement survenu, les GRT avaient pris leur disposition pour qu’aucun accident majeur ne survienne sur le réseau en cas d’incident dans le nord de la France.
« Vision transationale »
«Ces quatre événements auraient pu déboucher sur un black-out. La fourniture d’électricité était menacée», confirme le directeur de Coreso, François Boulet. De son côté, le président du conseil de RTE, Dominique Maillard, estime que le centre de coordination est un «lieu de confrontation des expériences et des cultures techniques» des 14 ingénieurs qui y travaillent.
«Il y a dix ans, nous avions 20 minutes pour trouver une solution lorsqu’un nous identifiions un problème. Aujourd’hui, si vous n’avez pas de solution dans les 10 secondes, c’est le black-out», explique le directeur système d’Elia, Roel Goethals. Il estime cette nouvelle installation indispensable au réseau belge. «Nous sommes un petit pays. Nous avons besoin d’une vision transnationale», insiste-t-il.
Si seuls trois GRT sont actionnaires de Coreso, le centre destine ses services à sept d’entre eux. Certains entreront-ils, à l’avenir, au capital de cette structure? Elia, RTE et National Grids affirment qu’ils sont «en discussions» avec plusieurs de leurs homologues européens, mais refusent de donner davantage de précisions. Quoiqu’il en soit, ils laissent entendre que certains d’entre eux seraient réticents à l’idée de se réunir dans un même lieu pour se coordonner.
L’Allemagne préfère par exemple une coordination plus virtuelle. «Il est indispensable d’avoir un lieu physique», juge Dominique Maillard, tout en admettant que Coreso ne prétend pas accueillir tous les GRT d’Europe. «D’autres expériences peuvent être complémentaires à la nôtre», explique-t-il. «Nous devons d’abord montrer que nous avons une valeur ajoutée, puis les autres nous rejoindrons», espère Roel Goethals.