Elections néerlandaises : victoire des Libéraux, percée de l'extrême droite
Les libéraux ont remporté une victoire à un siège près lors des élections néerlandaises, les mettant en pole position pour former une coalition dont la mission principale sera de combattre un déficit budgétaire croissant, ont montré les premiers résultats ce matin (10 juin).
Les libéraux ont remporté une victoire à un siège près lors des élections néerlandaises, les mettant en pole position pour former une coalition dont la mission principale sera de combattre un déficit budgétaire croissant, ont montré les premiers résultats ce matin (10 juin).
Cette élection a mis fin à huit années au pouvoir du premier ministre chrétien démocrate Jan Peter Balkenende, tandis que le Parti pour la liberté anti-immigration de Geert Wilders a presque doublé le nombre de ses sièges pour devenir le troisième groupe parlementaire, et un possible faiseur de roi.
Après le décompte de 88 % des voix, les Libéraux de droite remporteraient 31 sièges sur 150 que compte l'assemblée, contre 30 sièges pour le Parti travailliste, qui souhaite des réductions de dépenses moins rapides et moins importantes pour s'attaquer au déficit qui devrait atteindre 6,6 % du PIB cette année.
Ceci donnerait au dirigeant libéral Mark Rutte un mandat pour former une coalition et devenir premier ministre. Toutefois, s'en tenir à ses politiques de rigueur pourrait s'avérer difficile parce qu'il a besoin au moins de trois partis partenaires pour s'assurer une majorité parlementaire.
Auparavant, des sondages de sortie des urnes ont montré que les Libéraux et les Travaillistes étaient au coude à coude dans une élection dominée par le débat sur l'austérité fiscale après que la stabilité de la zone euro ait été menacée par la dette souveraine de la Grèce, dont la situation est particulièrement difficile.
M. Balkenende a concédé la défaite de ses chrétiens démocrates, qui ont perdu presque la moitié de leurs sièges, passant de 41 à 21 sièges. Il a démissionné de son poste de dirigeant de parti.
L'élection de mercredi est la conséquence de la chute de la coalition gouvernementale, provoquée par une dispute sur la question du maintien des troupes néerlandaises en Afghanistan.
M. Wilders et son Parti de la liberté ont gagné 10 sièges de plus, devenant la troisième force politique du pays derrière les Libéraux et les Travaillistes avec 24 sièges, ce qui révèle les inquiétudes du pays au regard des questions d'immigration et de politique étrangère.
Plus de sécurité, moins de crimes, moins d'immigration, moins d'Islam – c'est ce qu'ont choisi les Pays-Bas, a déclaré M. Wilders.
Baisser les dépenses budgétaires
Ce sont les Libéraux qui ont appelé aux plus importantes réductions des dépenses, à hauteur de 39 milliards d'euros sur la prochaine décennie, mais ils vont devoir faire des concessions s'ils veulent parvenir à former une coalition.
Les Pays-Bas peuvent sortir plus forts de la crise en prenant des mesures sur le champ, a affirmé aux journalistes M. Rutte, 43 ans, ancien responsable des ressources humaines chez Unilever, le géant néerlando-britannique des biens de consommation.
Le Labour, dirigé par l'ancien maire d'Amsterdam Job Cohen, pourrait selon toute vraisemblance rejoindre les Libéraux dans une coalition, mais son statut de second parti devrait lui permettre de demander des concessions.
Bien que les circonstances soient difficiles, nous prendrons encore une fois nos responsabilités pour nous assurer que le pays continue sur la voie du social, a déclaré M. Cohen.
Marcel Boogers, professeur de sciences politiques à l'Université de Tilburg, a affirmé qu'une combinaison droite-gauche – parfois qualifiée de coalition violette – était une issue possible.
Cela pourrait être une coalition viable, a déclaré M. Boogers.
Bien que la cinquième économie de la zone euro bénéficie de l'un des taux d'endettement les plus importants, ses coûts d'emprunt ont augmenté par rapport à sa capacité à rembourser ses prêts.
Les investisseurs sont mal à l'aise et la course à des dettes plus saines a augmenté la marge entre les obligations néerlandaises et leur point de référence allemand de 40 points de base, en hausse de 15 à 20 points il y a une semaine et de seulement 7 points en mars.
Reléguant des décennies de politiques fiscales strictes, le gouvernement a pris le contrôle de la plus importante banque du pays, ABN AMRO, dépensant 26 milliards d'euros pour la remettre à flot, après que Fortis, son propriétaire, ait été au bord de la faillite.
Le gouvernement a dépensé encore plus d'argent pour soutenir l'économie, offrir des réductions d'impôts et soutenir d'autres groupes financiers, alourdissant les inquiétudes des investisseurs concernant ses finances.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV.)