Elections européennes : Nicolas Dupont-Aignan ne fera pas d’alliance

Debout La République, le parti politique créé par Nicolas Dupont-Aignan, ex-UMP, présentera des listes dans toutes les circonscriptions sauf les DOM-TOM pour les élections européennes de juin 2009. Son programme : le fameux plan B promis par les « nonistes » lors du référendum sur le projet de constitution européenne en 2005.

Debout La République, le parti politique créé par Nicolas Dupont-Aignan, ex-UMP, présentera des listes dans toutes les circonscriptions sauf les DOM-TOM pour les élections européennes de juin 2009. Son programme : le fameux plan B promis par les « nonistes » lors du référendum sur le projet de constitution européenne en 2005.

Ni « euro-béats », ni « euro-ronchons ». Ce sera la ligne politique de Debout La République (DLR), mouvement créée par le dissident UMP, Nicolas Dupont-Aignan,  le 23 novembre dernier. « Nous allons surprendre », a indiqué le député de l’Essonne qui avait milité pour le non au référendum sur le projet de constitution européenne, lors de ses vœux à la presse le 12 janvier. « Je suis convaincu que nous pouvons apporter une valeur ajoutée, quelque chose de différent », estime le président de DLR qui compte proposer un programme alternatif à celui des nonistes, « qui se contentent de dire que ça ne va pas », et aux partis traditionnellement favorables à la construction européenne (PS, UMP, Modem, Verts), mais qui l’ont « tué en signant tous les traités ».

Interrogé par EURACTIV.fr sur ses rapports avec la plateforme irlandaise, Libertas, créée à l’occasion du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne par le désormais célèbre, Declan Ganley, Nicolas Dupont-Aignan a indiqué que des contacts avaient eu lieu. « On verra ce que nous ferons, mais leurs positions sur le libre-échange international et le refus de la PAC nous éloignent un peu d’eux », nous a-t-il précisé.
Le leader irlandais a indiqué le 11 décembre à Bruxelles vouloir faire des élections européennes « un référendum contre le traité de Lisbonne ». Les Irlandais devraient voter à nouveau d’ici la fin de l’année 2009. Dans le même sens, le président de DLR estime que ces élections seront l’occasion de donner aux Français le débat que le Parlement leur a volé lors du vote en 2008 en ratifiant le traité de Lisbonne.

Souhaitant rassembler aussi bien à droite, en accueillant les déçus du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers (MPF), ou de l’UMP, qu’à gauche, notamment les chevènementistes, Nicolas Dupont-Aignan compte présenter des listes dans sept des huit circonscriptions électorales. Ce petit parti, qui compte aujourd’hui près de 10 000 adhérents, selon les chiffres avancés par son fondateur, ne fera donc pas d’alliance, ni avec les nonistes de gauche, ni avec le MPF de Philippe de Villiers. « Nous ne sommes pas là pour occuper un créneau, a-t-il indiqué à EURACTIV.fr, nous ne sommes pas obligés de nous allier avec les anti-européens ». « Nous sommes beaucoup plus forts que vous ne croyez. J’ai le sentiment que nous pouvons nous-mêmes mener une campagne», a-t-il ajouté au cours de sa conférence de presse. 

Le programme de Debout la République sera le « Plan B » évoqué par les partisans du non au projet de constitution européenne en mai 2005, a indiqué le député de l’Essonne. Au centre de ce plan, des thèmes tels que la mise en place d’une véritable préférence communautaire, pour stopper « le libre échange déloyal au niveau international » et « préserver un peu le pouvoir d’achat des Français», la surévaluation de l’euro, la création d’une politique industrielle européenne, la rédaction d’un traité de Lisbonne bis, la réforme de la Banque centrale européenne, ou encore la sortie de l’Europe de l’OTAN au profit de « l’amorce d’une politique européenne de défense ».

Les têtes de liste seront présentées officiellement le 5 février prochain. Certaines sont déjà connues. Le président de DLR se présentera en Île-de-France avec comme colistière, Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit constitutionnel à l’université de Rennes. Dans le nord-ouest, c’est l’industriel Jean-Pierre Gérard, ancien membre du Conseil de la politique monétaire et président du club des numéros 1 mondiaux à l’étranger, qui prendra la tête de la liste. « C’est le meilleur spécialiste sur le monnaie unique, a indiqué Nicolas Dupont-Aignan en guise de présentation ». Avant d’ajouter qu’avec une telle équipe, « on ne pourra pas nous accuser d’être ringards, franchouillards, incapables ».