Élections européennes : Marie Toussaint « ne perd pas espoir »
À un mois des élections européennes, alors que les Verts sont en perte de vitesse dans les sondages, la tête de liste Marie Toussaint a assuré à Paris mardi 30 avril ne pas vouloir se laisser abattre.
À un mois des élections européennes et alors que les Verts peinent à décoller dans les sondages, la tête de liste Marie Toussaint a appelé mardi 30 avril à Paris à « un grand sursaut » face aux « périls » qui menacent l’Europe.
« On ne perd pas espoir, parce qu’on sait que ce qui est en jeu le 9 juin est absolument vital. Vital pour l’avenir de l’Europe, vital pour l’avenir de nos démocraties, vital pour l’avenir de l’humanité », martèle d’emblée Marie Toussaint, devant la petite dizaine de journalistes présents au siège du parti, dans le dixième arrondissement de Paris.
Ne pas perdre espoir, alors que les Verts sont bien loin de leurs bons résultats des élections européennes de 2019, lorsqu’ils étaient menés par Yannick Jadot.
En France, ils étaient arrivés en troisième position avec 13,47% des voix, juste derrière Renaissance – ex La République en marche – (22,41%) et le Rassemblement national (23,31 %).
Le parti arrive désormais en sixième position, ex-aequo avec les Insoumis, et derrière les Républicains (7%) et Reconquête (8%), selon le dernier baromètre OpinionWay-Vae Solis pour Les Echos publié lundi (29 avril).
Le RN est toujours en tête avec 29% des intentions de vote. Renaissance est à 18%.
Les écologistes font il est vrai cette année face à un obstacle pour le moins inattendu. La liste PS-Place publique conduite par Raphaël Glucksmann progresse ces dernières semaines dans les sondages, pour atteindre 14% des suffrages.
En 2019 les socialistes – déjà emmenés par le même Glucksmann – avaient péniblement dépassé les 6%.
« On nous a toujours dit que ce serait difficile »
Au siège des Écolos, Marie Toussaint, accompagnée des candidats David Cormand, Mounir Satouri, Flora Ghebali et Abdoulaye Diarra, tente de justifier le peu d’engouement que suscite sa liste.
« On nous [ à nous les Ecologistes, ndlr] a toujours dit que ce serait difficile, et c’est normal, nous portons le changement de société le plus profond qui existe », assume la cheffe de file des Verts, dont le programme s’articule autour de deux grandes thématiques : l’urgence climatique et l’urgence sociale.
Face aux « périls » qui menacent l’Europe – guerre en Ukraine, crise climatique, précarité, désinformation – Marie Toussaint appelle à un « grand sursaut » et à « voir en creux » la « solidité » des propositions des autres partis.
« Nous voulons plus de solidarité et placer la santé et nos vies au-dessus des profits. Ce changement là est plus difficile que d’autres solutions qui consistent à dire que c’est la faute d’autrui et qu’en fermant nos frontières, on va s’en sortir. »
La candidate ne compte pas se laisser abattre.
« Nous voulons porter nos propositions pour les cinq semaines qui viennent, pour lutter contre l’extrême droite, les nationaux populistes, ceux qui veulent nous attaquer de l’extérieur. Pour répondre à la crise sociale qui frappe nos populations. »
Marie Toussaint regrette le début tardif de la campagne, le premier débat entre les candidats à la tête de la Commission européenne ayant eu lieu « seulement hier ». Aussi, « la population commence juste, malheureusement, à s’intéresser aux enjeux du 9 juin prochain », souligne-t-elle.
Quant au nom de Raphaël Glucksmann, il ne sera pas évoqué par Marie Toussaint, qui dit cependant regretter une couverture médiatique parfois trop « monothématique » et qui aurait tendance à invisibiliser la liste écologiste.
« C’est à vous de faire en sorte que nous puissions aller dans le fond des propositions, que nous puissions décrypter les différences entre les discours et les actes », a-t-elle conclu, s’adressant aux journalistes.