Elections européennes : le centre part en ordre dispersé

Le Mouvement démocrate exclut une liste commune avec l'Union des démocrates et indépendants. L'UDI arrondit les angles, et envisage un rapprochement avec les libéraux européens.

EURACTIV.fr

Le Mouvement démocrate exclut une liste commune avec l’Union des démocrates et indépendants. L’UDI arrondit les angles, et envisage un rapprochement avec les libéraux européens.

Les deux partis centristes, l’Union des démocrates et indépendants (UDI) et le Mouvement démocrate (MoDem) partagent une sensibilité européenne, mais n’envisagent pas de liste commune pour les élections de 2014.

L’heure est à la définition des programmes, entonne-t-on dans les deux formations politiques.

Selon la dernière étude d’opinion publiée par l’hebdomadaire Valeurs actuelles, le parti de François Bayrou, et l’alliance presidé par Jean-Louis Borloo sont au coude-à-coude, respectivement crédités de 7% et de  6,5% d’intentions de vote. 

Jeu à part du MoDem 

Face à la probable chute des suffrages en faveur des écologistes, un espace politique semble s’ouvrir pour les partis du centre.

La liste de l’UDI pourrait s’appeler « Les Européens”, a déclaré son patron Jean-Louis Borloo dans une interview au Journal du dimanche, le 8 juin. Elle devra “réunir tous ceux qui veulent un renouveau de l’Europe, qu’ils viennent de la société civile, de la droite européenne, du centre ou de l’écologie ».

Peu intéressé par une alliance avec l’UDI, le Modem convoite pourtant le même électorat. “Les électeurs se moquent de nos alliances”, estime le député européen du Modem Jean-Luc Bennahmias.

Face à un discours “pro-européen“ devenu selon lui “inaudible”, le MoDem doit s’adresser à un public plus large, par delà les tractations entre les partis. Le « forum sur l’Europe », qui aura lieu le 22 juin, devra permettre de laisser s’exprimer les “attentes des citoyens”, en attendant l’Université d’été de septembre.

“Notre campagne sera centrée sur la démocratisation de l’Europe”, assure la vice-présidente du parti Marielle de Sarnez.

Une seule liste est « inconcevable »

Le Mouvement démocrate compte cinq députés européens sortants, contre six pour l’Union des démocrates et indépendants. Pour l’heure, aucun ne s’est officiellement mis hors course. 

En charge de la cellule “Europe” de l’UDI, le sénateur Jean Arthuis, candidat pour devenir tête de liste dans la région Ouest, craint lui la multiplication des listes au centre.

“La sanction risque d’être lourde”, selon cet ancien ministre de Jacques Chirac. “Nous travaillons avec des personnalités du Modem autour de notre projet européen”, ajoute-t-il.

De son côté, le Rassemblement citoyen, mouvement lancé par l’eurodéputée Corinne Lepage, prépare sa propre campagne.

Pour cette ancienne membre du Modem, une liste centriste commune française serait aujourd’hui inconcevable tant les deux partis divergent sur l’économie de marché ou sur le nucléaire.

Rapprochement des libéraux européens

Pour l’instant associée au Parti populaire européen (PPE), l’UDI pourrait “probablement” se joindre à l’Alliance des Libéraux et des démocrates d’Europe (ALDE). “Il serait opportun que nous présentions des visions partagées avec le FDP (Parti Libéral-démocrate allemand)”, explique Jean Arthuis.

L’ancien ministre des Finances de Jacques Chirac veut notamment “lever leur doute sur l’aptitude de la France à assainir les finances publiques”.

Hésitations

Mais le rapprochement avec les libéraux européens est loin de faire l’unanimité parmi les eurodéputés sortants de l’UDI. “L’ALDE est un parti par défaut, qui réunit des partis libéraux, libertaires, des écologistes de droite”, estime l’eurodéputée Sophie Auconie.

Une alliance française sous la bannière des libéraux européens pourrait être intéressante, souffle-t-on à l’ALDE. L’influence des députés français pourrait s’y accroître, alors que les libéraux britanniques et allemands, sur la sellette dans leurs pays respectifs, risquent d’être moins nombreux à Strasbourg en 2014.