Élections espagnoles : début des hostilités entre Pedro Sánchez et le centre droit
Le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez et le chef de l’opposition de centre droit, Alberto Núñez Feijóo, ont donné samedi le coup d’envoi d’une précampagne acharnée en amont des prochaines élections municipales et générales.
Le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez et le chef de l’opposition de centre droit, Alberto Núñez Feijóo, ont donné samedi (14 janvier) le coup d’envoi d’une précampagne acharnée en amont des prochaines élections municipales et générales.
Lors d’un rassemblement socialiste à Séville, bastion traditionnel du Parti socialiste ouvrier espagnol (Partido Socialista Obrero Español, PSOE — groupe S&D au Parlement européen), M. Sánchez a présenté le vote en faveur de son parti comme la seule alternative « engagée » pour des conditions de travail, des salaires et des retraites dignes. Dans son discours, il a mis le Parti socialiste en opposition avec les « puissants » qui ne défendent que leurs intérêts et proposent le « chacun pour soi » à la majorité, rapporte EFE, média partenaire d’EURACTIV.
Pedro Sánchez a défendu les progrès réalisés en Espagne au cours des trois dernières années de législature par le « Gouvernement du Peuple » (El Gobierno de la Gente), une coalition forgée par son parti de centre gauche, le PSOE, et la coalition de gauche Unidas-Podemos (membre du groupe de La Gauche au Parlement européen).
Grâce au travail accompli par cette coalition progressiste, l’Espagne « fait aujourd’hui bonne figure en Europe » et agit « en faveur de la classe moyenne et des travailleurs de notre pays », a-t-il déclaré.
Parmi les réalisations de son gouvernement, il a notamment cité une croissance économique de plus de 5 % du PIB en 2022, le taux d’inflation le plus bas de la zone euro, et le fait que l’Espagne bénéficie d’un taux d’emploi record, soit les meilleurs résultats observés depuis « plus de cinq ans, avant la crise financière », a-t-il insisté.
Il a également mentionné les économies réalisées par les contribuables espagnols grâce au mécanisme ibérique, une solution flexible et temporaire visant à atténuer l’impact des prix du gaz sur les factures d’électricité des consommateurs espagnols et portugais.
Toutes ces mesures sociales ont été mises en œuvre malgré les circonstances très difficiles auxquelles le pays a dû faire face depuis avril 2020. M. Sánchez a notamment cité la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, la tempête de neige Philomène qui a frappé le pays en 2021 et l’éruption d’un volcan à La Palma, aux îles Canaries, la même année.
En outre, le Premier ministre et chef de file du PSOE a demandé aux citoyens de réfléchir attentivement avant de se rendre aux urnes en mai, les appelant à garder en tête toutes ces réussites.
Accusations de mauvaise gouvernance
Parallèlement, lors d’un rassemblement politique à Saragosse samedi, M. Núñez Feijóo a appelé à un changement de gouvernement et a averti que tout vote pour des candidats, aux élections municipales et régionales, rattachés au « sanchismo » (idéologie et politiques de M. Sánchez) représenterait en réalité un soutien à M. Sánchez, a rapporté EFE.
« Je cesserai très bientôt d’être candidat pour devenir président du peuple espagnol », a annoncé le chef de l’opposition à ses partisans.
Il a appelé ses sympathisants à gagner et non à se contenter d’un match nul, tout en soulignant que son parti, le Parti populaire (Partido Popular, PP) de centre droit, ne veut pas diriger « une quelconque coalition de partis » mais gouverner la majorité. « Nous nous présentons (aux élections) pour gagner, pas pour spéculer sur le résultat », a-t-il souligné.
Selon le leader du PP, il y aura un changement politique lors des élections, en faveur de « l’honnêteté, la dignité et la moralité ». M. Sánchez a fait le contraire de ce qu’il avait promis dans sa campagne, c’est-à-dire qu’il a « trompé » les Espagnols en matière de sédition et de détournement de fonds, a insisté M. Núñez Feijóo.
Ce dernier a également défendu une bonne gestion de l’argent public provenant des impôts et a déclaré que le détournement de fonds est la pire forme de corruption, et que le minimiser est une façon de « corrompre les institutions ».
En mai, l’Espagne tiendra des élections municipales, que beaucoup considèrent comme le premier test décisif pour la coalition gouvernementale de M. Sánchez avec Unidas-Podemos.
Ensuite, les partis devront s’affronter lors des élections générales prévues pour le mois de décembre, et le conflit avec la Catalogne, une question sensible sur le plan politique, devrait continuer à occuper le devant de la scène.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]