Elections britanniques : impasse des partis sur les médias sociaux
Les partis politiques du Royaume-Uni utilisent les médias sociaux pour des campagnes exceptionnelles sans pour autant se lancer dans un ciblage à grande échelle de leurs électeurs, comme ce fut le cas aux Etats-Unis, selon l'analyse d'une consultance britannique publiée en amont d'élections qui doivent se tenir le 6 mai.
Les partis politiques du Royaume-Uni utilisent les médias sociaux pour des campagnes exceptionnelles sans pour autant se lancer dans un ciblage à grande échelle de leurs électeurs, comme ce fut le cas aux Etats-Unis, selon l'analyse d'une consultance britannique publiée en amont d'élections qui doivent se tenir le 6 mai.
Les partis politiques du Royaume-Uni n'ont pas adhéré aux médias sociaux comme on l'attendait en amont d’élections qui doivent se tenir en mai, selon une étude réalisée par des analystes d'Ovum, une consultance.
Vuk Trifkovic d'Ovum soutient que les hommes politiques américains utilisent les médias sociaux comme un instrument de marketing qui est primordial pour leur réussite, alors que dans l'UE et en particulier au Royaume-Uni, les médias sociaux sont utilisés tactiquement et de manière exceptionnelle.
Les analystes citent de nombreuses raisons pour lesquelles les meetings politiques américains sont plus ingénieux que les britanniques sur le web et recommandent que les hommes politiques britanniques lancent des publipostages ou des compagnes télévisées afin d'inciter les électeurs à s'exprimer en ligne.
Les hommes politiques devraient utiliser les plateformes de conversation en ligne telles que le célèbre site Internet Twitter pour apporter des réponses immédiates aux événements médiatisés tels que les débats politiques télévisés.
Un objectif réduit sur les médias sociaux
Par ailleurs, les Etats-Unis ont mieux réussi à impliquer les électeurs de toutes les couches de la société, alors qu'au Royaume-Uni, la campagne via les médias sociaux a tendance à rester entre les partis, les castes politiques, ce qui comprend les hommes politiques, journalistes et groupes d'intérêt.
Ce n'est pas seulement en raison de l'objectif restreint des responsables de campagnes politiques mais c'est également dû au fait que certains groupes se sont davantage mis aux réseaux sociaux que d'autres.
Le Royaume-Uni a ses propres particularités et nous ne devons pas perdre de vue le fait que de nombreuses plateformes de médias sociaux n'ont pas été adoptées par toutes les classes et toutes les tranches d'âge de la société, ajoute l'analyste.
Par ailleurs, comparé aux Etats-Unis, le discours politique du Royaume-Uni est moins populiste et ne se prête pas aux compagnes via les réseaux sociaux, explique M. Trifkovic.
La rhétorique politique américaine et la grandeur du pays est un terrain fertile pour des campagnes virales de taille, qui sont plus susceptibles de se produire dans l'UE en réaction à la musique populaire ou d'autres médias, a-t-il affirmé.
En guise d'exemple, l'analyste cite le degré d'agitation sur Internet aux Etats-Unis autour des premiers 100 jours du mandat de Barack Obama, une idée qui a gagné du terrain pour la première fois durant l'administration de Franklin Roosevelt dans les années 30.
Les eurodéputés encore en rattrapage
D'après une recherche réalisée l'an dernier, les députés européens sont également à la traîne par rapport à leurs homologues américains (EURACTIV 20/05/09).
D'après une étude de Fleishman Hillard sur les dernières élections parlementaires de l'UE en juin 2009, 116 des 535 membres du Congrès utilisaient déjà Twitter, contre seulement 27 eurodéputés (3,5 % des 785 membres du Parlement européen).
La grande majorité des eurodéputés utilisent Internet et sont certainement inspiré par le succès qu'a connu Barack Obama, mais beaucoup d'entre eux pensent toujours que les outils numériques sont moins efficaces que les formes de communication traditionnelles, telles que la télévision et les journaux, a dit James Stevens, premier vice-président pour les services numériques de la consultance.
Moins d'un mois avant les élections européennes, le Parti socialiste européen (PSE) battait les autres groupes politiques dirigeants au Parlement européen dans l'utilisation des technologies en ligne, a montré l'enquête.
En utilisant Facebook, Flickr, Twitter et Digg, les membres du PSE étaient plus susceptibles d'être des précurseurs que les membres des autres principaux partis, a affirmé M. Stevens.