Elections anticipées en Grèce le 6 mai prochain
La Grèce organisera des élections anticipées le 6 mai prochain, ont annoncé des fonctionnaires du gouvernement, marquant le départ d'une campagne qui devrait ne donner lieu qu'à peu de solutions et risque de mettre à mal la mise en œuvre du plan de renflouement qui a sauvé Athènes de la faillite.
La Grèce organisera des élections anticipées le 6 mai prochain, ont annoncé des fonctionnaires du gouvernement, marquant le départ d'une campagne qui devrait ne donner lieu qu'à peu de solutions et risque de mettre à mal la mise en œuvre du plan de renflouement qui a sauvé Athènes de la faillite.
Ces élections seront les premières depuis que la crise de la dette a explosé fin 2009, entraînant le pays dans sa pire récession économique depuis la Seconde Guerre mondiale avec un taux de chômage qui atteint des sommets et des retombées sur toute la zone euro.
La parti conservateur Nouvelle démocratie et le parti socialiste PASOK, qui soutiennent le gouvernement intérimaire du premier ministre technocrate Lucas Papademos, ont perdu des points dans les sondages pour avoir approuvé le plan de sauvetage et ils pourraient bien ne pas récolter suffisamment de votes pour diriger le pays.
Les sondages montrent que les petits partis qui s'opposent aux réductions des salaires et des retraites imposées par l'UE et le FMI en échange de leur aide financière gagnent du terrain. Ils pourraient même être en mesure d'empêcher les grands partis de former un gouvernement de coalition.
Mercredi après-midi, M. Papademos devait officiellement demander au président, Karolos Papoulias, de dissoudre le parlement et d'annoncer des élections pour le 6 mai prochain.
Cela fait plusieurs jours que les fonctionnaires affirment que les électeurs se rendront aux urnes le premier dimanche du mois de mai, dans la mesure où le gouvernement d'urgence de M. Papademos a rempli son mandat en concluant un nouvel accord de renflouement avec l'UE et le FMI et en restructurant la dette.
« Tout indique que les élections auront lieu le 6 mai », a déclaré le ministre de la santé, Andreas Loverdos, au parlement.
Déjà en campagne
Les chefs de parti ont déjà officieusement commencé leur campagne. Le leader conservateur Antonis Samaras a d'ailleurs affirmé à ses partisans ce week-end qu'il augmenterait les petites retraites et créerait de l'emploi.
Selon les récents sondages d'opinion, son parti remporterait entre 18 et 25 % des voix, devant le PASOK (11-16 %), mais loin derrière le résultat de 43,9 % obtenu par les socialistes lors des élections d'avant la crise en octobre 2009.
M. Samaras ne cesse pourtant de répéter qu'il vise la majorité totale et il a déclaré qu'il pourrait réclamer de nouvelles élections s'il n'obtenait pas suffisamment de voix.
« J'entre en jeu et comme toutes les grandes équipes, j'y entre pour gagner. Pas pour un ex æquo, pas pour perdre », a-t-il expliqué sur Mega TV lundi. « Et si un gouvernement ne peut être formé […] nous devrons retourner aux urnes. »
Certains sondages jettent le doute sur la capacité des deux seuls partis à avoir soutenu le renflouement à rassembler suffisamment d'électeurs pour renouveler leur coalition, bien que cela ait de grandes chances de se produire.
Nouvelle démocratie et le PASOK soutiennent les réformes de l'UE et du FMI comme la libéralisation des professions protégées, la réduction d'un cinquième du personnel du secteur public et la diminution du montant des retraites, mais M. Samaras a affirmé que s'il était élu, il renégocierait certaines parties du plan.
Le parti qui remportera les élections devra consentir à des réductions des dépenses supplémentaires de l'ordre de 5,5 % du PIB (11 milliards d'euros) pour 2013-2014 et récolter 3 milliards d'euros supplémentaires via l'impôt pour continuer à recevoir de l'aide, a déclaré le FMI.
Le Fonds est conscient du risque que représentent ces élections sur le plan politique, la mise en oeuvre des politiques adoptées étant en jeu. Le parlement a approuvé lundi une subvention de près de 30 millions d'euros pour le financement des partis politiques. Ce vote a divisé les députés et suscité des critiques dans le pays et à l'étranger.