Elections anticipées en Allemagne : quelles implications au niveau européen ? [FR]
La perspective d'élections législatives anticipées en Allemagne suscite des interrogations quant aux conséquences que pourrait avoir, au niveau européen, l'arrivée aux affaires d'un gouvernement de centre-droit (CDU-FDP) dirigé par Angela Merkel.
La perspective d’élections législatives anticipées en Allemagne suscite des interrogations quant aux conséquences que pourrait avoir, au niveau européen, l’arrivée aux affaires d’un gouvernement de centre-droit (CDU-FDP) dirigé par Angela Merkel.
Même si les jeux sont aujourd’hui encore loin d’être faits, les commentateurs commencent déjà à étudier les implications que pourrait avoir, sur la scène politique européenne, un changement de gouvernement à Berlin.
-
Des conséquences positives pour l’agenda de Lisbonne (?) :
- la plupart des observateurs estiment qu’un gouvernment Merkel se montrerait plus favorable aux intérêts du secteur privé que l’actuelle coalition rouge-verte, et donc davantage déterminé à mener à bien les réformes économiques en cours. Le patronat a salué l’annonce d’élections anticipées, voyant dans celles-ci une issue au « blocage des réformes ». D’autres commentateurs soulignent cependant que le gouvernement Schröder est en train de perdre du terrain à cause de l’impopularité des réformes déjà engagées (dans le cadre du programme « Agenda 2010 »), et que ce facteur ne pourra être ignoré par un futur gouvernement de centre-droit – lequel, s’il devait faire preuve d’un zèle libéral excessif, pourrait se heurter à une forte réaction des puissants syndicats allemands.
-
Des conséquences négatives pour les perspectives financières de l’UE :
- une fois élu, un gouvernement CDU-FDP chercherait très certainement à obtenir une réduction de la contribution de l’Allemagne au budget de l’Union. L’actuel gouvernement ne devrait guère se montrer plus conciliant lors des négociations en cours, à moins de trois mois d’un scrutin décisif au cours duquel sera notamment jugée sa capacité à défendre les intérêts de l’Allemagne.
- Un coup d’arrêt à tout futur élargissement (Turquie et Etats de la région des Balkans) ?
-
- les chances de la candidature turque à l’entrée dans l’UE seraient très fortement amoindries par l’arrivée au pouvoir à Berlin d’un gouvernement de centre-droit. Celle-ci pourrait également remettre en cause l’entrée dans l’Union de certains pays de la région des Balkans.
- Mauvaises nouvelles pour l’environnement, excellentes nouvelles pour l’industrie nucléaire :
-
- un gouvernement CDU/CSU-FDP supprimerait ou amenderait certainement plusieurs mesures environnementales adoptées par la coalition rouge-verte (écotaxes, soutien financier aux énergies renouvelables). Les chrétiens-démocrates se sont également engagés à revenir sur la décision – prise par le gouvernement Schröder – de fermer progressivement l’ensemble des centrales nucléaires encore en activité en Allemagne.