Élections 2023 : un tournant libéral-conservateur en Finlande ?
La Finlande procédera le 2 avril à l’élection d’un nouveau parlement, qui déterminera le sort de Sanna Marin, membre du Conseil européen et Première ministre sociale-démocrate.
La Finlande procédera le 2 avril à l’élection d’un nouveau parlement, qui déterminera le sort de Sanna Marin, membre du Conseil européen et Première ministre de centre gauche. Les sondages actuels suggèrent que la coalition gouvernementale de Mme Marin, composée du Parti social-démocrate (Suomen Sosialidemokraattinen Puolue, SDP), du Parti du centre (Suomen Keskusta), des Verts, de la Gauche et du Parti populaire suédois de Finlande libéral (Svenska folkpartiet i Finland, SFP), défendra sa majorité.
Le parti de la Coalition nationale (Kansallinen Kokoomus, KOK), de centre droit, est toutefois considéré comme le parti le mieux placé dans les sondages.
Notre analyse :
Le gouvernement finlandais actuel composé de cinq partis a peu de chances de se maintenir après les élections d’avril. La méfiance est trop grande, notamment entre les Verts et le Centre, dont le soutien s’est effondré. Par conséquent, Mme Marin pourrait perdre son poste.
Le vainqueur le plus probable de l’élection serait le parti libéral-conservateur de la Coalition nationale (KOK). Le gouvernement serait constitué d’une coalition bleue et rouge regroupant la KOK et les sociaux-démocrates, ainsi que les Verts et le parti populaire de la minorité suédoise, le SFP. Ensemble, ces partis détiendraient une majorité confortable d’environ 117 à 120 sièges au Parlement qui en compte 200. Le président du parti de la Coalition nationale, Petteri Orpo, est le candidat probable au poste de Premier ministre.
Si le parti nationaliste finlandais, actuellement troisième dans les sondages, parvient à l’emporter sur les sociaux-démocrates, le résultat pourrait se traduire par un gouvernement de droite avec les sociaux-démocrates dans l’opposition.
La question du niveau élevé de la dette publique finlandaise est à surveiller. Le ministère finlandais des Finances a estimé que la position budgétaire annuelle devrait être améliorée d’au moins 9 milliards d’euros au cours des deux prochaines législatures.
Il convient de noter que cette estimation n’inclut pas les mesures de soutien coûteuses que le gouvernement prépare actuellement afin de venir en aide aux ménages confrontés à des factures d’énergie élevées. Ces mesures impliqueront à la fois des réductions et des hausses d’impôts, deux actions politiquement difficiles.
L’enjeu de ces élections est considérable. Si la Coalition nationale remporte les élections, comme cela semble être le cas pour le moment, le prochain gouvernement pourrait être plus ouvertement pro-nucléaire et faciliter les nouveaux investissements, notamment dans les technologies émergentes.
Une chose est sûre : la Finlande se prononcera contre une nouvelle dette commune de l’UE, quels que soient les partis qui siègent au gouvernement.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]