Elargissement : Nicolas Sarkozy est isolé dans sa prise de position draconienne [FR]

Le vice-Premier ministre tchèque Alexandr Vondra a rejeté l’avertissement du président français Nicolas Sarkozy, qui préconise d’interrompre du processus d’élargissement de l’UE jusqu’à la ratification du traité de Lisbonne. Selon M. Vondra, il s’agit en quelque sorte d’un mensonge. Ces propos rejoignent les critiques grandissantes de la part des dirigeants européens.

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Le vice-Premier ministre tchèque Alexandr Vondra a rejeté l’avertissement du président français Nicolas Sarkozy, qui préconise d’interrompre du processus d’élargissement de l’UE jusqu’à la ratification du traité de Lisbonne. Selon M. Vondra, il s’agit en quelque sorte d’un mensonge. Ces propos rejoignent les critiques grandissantes de la part des dirigeants européens.

L’avertissement de M. Sarkozy, selon lequel l’élargissement de l’UE ne se poursuivra pas sans l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, fait encore des vagues, particulièrement dans les pays où le processus de ratification du nouveau traité européen se heurte à un certain nombre de difficultés.

Le 7 juillet, dans un entretien à l’agence de presse Bloomberg, le vice-Premier ministre tchèque Alexandr Vondra a déclaré que ces arguments sont absolument faux et que l’élargissement peut se poursuivre même sans le traité. Selon lui, il s’agit en quelque sorte d’un mensonge. Il estime que ce n’est pas impossible et que c’est une question de volonté politique.

Les Tchèques ont la volonté politique de poursuivre l’expansion vers le Sud et le Sud-Est de l’Europe, a déclaré M. Vondra qui est chargé des Affaires européennes. Il a précisé que l’élargissement serait le principal thème de la présidence tchèque de l’UE, qui débutera en janvier 2009.

Toutefois, poursuivre l’élargissement est plus facile à dire qu’à faire. Les diplomates reconnaissent souvent qu’il ne serait pas difficile de parvenir à un accord sur l’admission de la Croatie, un candidat qu’ils estiment prêt à l’adhésion et qui bénéficie d’un solide soutien des Etats membres de l’UE. Mais pour d’autres membres potentiels, l’avis général est de maintenir la perspective d’élargissement jusqu’à ce que ces pays soient prêts. A moyen terme pourtant, aucun autre candidat ne semble être en mesure de rejoindre l’Union.

Selon un diplomate, si M. Sarkozy conserve sa ligne dure, la seule victime sera la Croatie. La France est isolée sur la question, a-t-il expliqué à EURACTIV, ajoutant que Paris d’un côté et Prague et Varsovie de l’autre avaient « beaucoup de choses à se dire ». Il souhaite que ces pays se montrent plus ouverts, quelles que soient les questions qui les divisent, plutôt que de « prendre l’élargissement en otage ».