Elargissement de l’UE : les Tchèques font pression pour des décisions rapides [FR]
Alors qu’elle continue de s’élargir, l’Union européenne doit revoir son système actuel de pondération des voix et abandonner le droit de veto. C’est ce qu’a déclaré Erhard Busek, conseiller spécial pour l’élargissement auprès de la présidence tchèque de l’UE, lors d’un entretien accordé à EURACTIV.
Alors qu’elle continue de s’élargir, l’Union européenne doit revoir son système actuel de pondération des voix et abandonner le droit de veto. C’est ce qu’a déclaré Erhard Busek, conseiller spécial pour l’élargissement auprès de la présidence tchèque de l’UE, lors d’un entretien accordé à EURACTIV.
La pression monte en vue de modifier le système de prise de décision dans l’Union européenne, a déclaré M. Busek, qui était jusque récemment coordinateur spécial pour le Pacte de stabilité pour l’Europe du Sud-Est. Selon lui, la crainte que le processus de décision devienne de plus en plus complexe explique la réticence d’un certain nombre de pays à poursuivre l’élargissement.
« Personnellement, je suis convaincu que l’actuel système de pondération des voix, de même que le manque de vote à majorité qualifiée dans la plupart des cas, constituent le réel motif de ces hésitations. Cela n’a rien à voir avec la région, car il est très clair pour tous les Etats membres que les pays des Balkans occidentaux devraient devenir membres de l’UE », a déclaré M. Busek.
Il a aussi donné son point de vue selon lequel, afin d’éviter des conflits de voisinage, les pays des Balkans occidentaux pourraient plus aisément adhérer en bloc à l’UE. Il a par exemple fait référence à la controverse portant sur la frontière entre la Croatie et la Slovénie (EURACTIV 10/03/09), qui devrait selon lui être résolue par la négociation.
« Mon avis personnel est […] qu’il pourrait y avoir un bloc de pays entrants. Parce que le vrai danger est – et nous devons tirer la leçon de l’expérience de la Slovénie et de la Croatie – que chaque pays bloque le pays voisin à cause de problèmes bilatéraux. C’est totalement absurde et je pense que nous ferions mieux de nous y mettre tous ensemble. »
Le responsable politique autrichien n’a pas caché que son propre pays s’opposait à l’élargissement concernant la Turquie, mais a confié qu’il pensait que Vienne était favorable à l’élargissement vers les Balkans occidentaux. Quant à l’Allemagne, il a indiqué que la campagne électorale en vue des élections nationales de septembre bloquait toute décision ou discussion relative à l’élargissement de l’UE.
Interrogé sur la question de savoir si l’Albanie suivrait l’exemple du Monténégro en introduisant une demande d’adhésion officielle à l’UE contre l’avis de Bruxelles (EURACTIV 10/03/09), il a répondu que cela pourrait en effet être le cas, le gouvernement utilisant cette possibilité comme un « atout » pour les élections parlementaires du 28 juin.