Eclaircie sur les perspectives d’adhésion de la Turquie

Lundi 4 juin, l’Union européenne a accepté l’ouverture de trois nouveaux chapitres de négociations d’adhésion avec la Turquie d’ici à la fin juin. Toutefois, elle a rappelé à Ankara les réformes importantes à mettre en œuvre dans le domaine des droits fondamentaux pour poursuivre les négociations. Quelques jours auparavant, le Vatican s’est déclaré favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.

Lundi 4 juin, l’Union européenne a accepté l’ouverture de trois nouveaux chapitres de négociations d’adhésion avec la Turquie d’ici à la fin juin. Toutefois, elle a rappelé à Ankara les réformes importantes à mettre en œuvre dans le domaine des droits fondamentaux pour poursuivre les négociations. Quelques jours auparavant, le Vatican s’est déclaré favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.

En Bref

La Troïka de l’Union européenne s’est rendue hier à Ankara pour discuter des relations entre l’Union européenne et la Turquie. En fin de journée, il a été annoncé l’ouverture de trois nouveaux chapitres de négociations d’adhésion, d’ici le 26 juin. La délégation européenne, conduite par le chef de la diplomatie allemande, Franck-Walter Steinmeier, a toutefois appelé la Turquie à redoubler d’efforts en matière de réformes. En particulier en ce qui concerne les droits fondamentaux. Le gouvernement turc devrait se remettre au travail après l’échéance électorale du 22 juillet prochain.

Le Commissaire européen à l’Elargissement, Olli Rehn, a estimé qu’était désormais important d’avoir un nouveau gouvernement capable de renforcer le processus de réformes et de rapprocher la Turquie de l’Union européenne. Le futur gouvernement devra se donner pour objectif de « créer une impulsion nouvelle et renforcée dans le processus de réformes pour assurer pleinement les droits fondamentaux ».

« J’espère qu’il n’y aura pas d’alternative à la poursuite du processus de réformes démocratiques et à l’avancée de la Turquie sur la voie de l’UE », a ajouté M. Steinmeier.

Les droits de la femme, le droit d’expression, les droits de la presse ainsi que les droits syndicaux feront l’objet d’une attention particulière de la part de Bruxelles.

De plus, M. Steinmeier a insisté sur la nécessité pour la Turquie de réformer l’article 301 de son code pénal. Celui-ci sanctionne « l’insulte à l’identité nationale », et a été à l’origine de poursuites contre de nombreux intellectuels.

Les représentants de l’UE ont également abordé la question de Chypre. Ils regrettent qu’Ankara persiste à refuser de ratifier le protocole étendant un accord d’Union douanière aux nouveaux pays membres, et donc à Chypre. La Turquie refuse aussi tout échange commercial avec les Chypriotes grecs depuis l’embargo international vis-à-vis des produits en provenance de la partie Nord Chypre (à majorité turque).  

Les négociations d’adhésion entre l’UE et la Turquie ont été lancées en octobre 2005. Mais la position de la Turquie vis-à-vis de Chypre a conduit l’UE à geler en décembre 2006 les pourparlers d’adhésion dans huit des 35 chapitres de négociations.

Jusqu’ici Ankara n’a réussi à ouvrir que les deux premiers, – « science et recherche » en juin 2006 et « entreprise et politique industrielle » le mois dernier. A partir du 26 juin prochain, elle peut espérer entamer ceux de l’économie et de la politique monétaire, des statistiques et du contrôle financier.

Les déclarations de l’UE interviennent quelques jours après celles du Vatican qui s’est prononcé en faveur de l’entrée de la Turquie en Europe. A l’occasion d’une conférence organisée à l’université romaine des légionnaires du Christ, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’État du Saint-Siège, a confirmé la nouvelle approche entreprise par le Pape depuis le voyage qu’il avait effectué en Turquie en novembre dernier.

La cardinal s’est dit convaincu qu’il était possible de «dialoguer et construire ensemble le bien commun dans la sphère européenne et aussi dans la communauté mondiale avec les peuples et les gouvernements qui respectent les règles fondamentales de la cohabitation, […]y compris jusqu’à une entrée dans l’Europe».