Echec du double référendum en Hongrie du fait d'une participation trop faible

Selon des résultats officiels provisoires, le double référendum organisé en Hongie ce dimanche 5 décembre s'est soldé par un échec en raison d'un taux de participation insuffisant. Majorité et opposition revendiquent toutes deux la victoire.

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Selon des résultats officiels provisoires, le double référendum
organisé en Hongie ce dimanche 5 décembre s’est soldé par un échec
en raison d’un taux de participation insuffisant. Majorité et
opposition revendiquent toutes deux la victoire.

Les Hongrois étaient appelés aux urnes pour répondre à deux
questions cruciales dans le cadre du double référendum organisé ce
dimanche 5 décembre. La première question portait sur l’éventuel
octroi de la double nationalité aux Hongrois de souche vivant à
l’étranger, tandis que la deuxième invitait les citoyens hongrois à
se prononcer en faveur d’un arrêt du processus actuel de
privatisation des infrastructures médicales (en particulier des
hôpitaux). Selon la loi électorale hongroise, 25% des électeurs
inscrits auraient dû répondre (par l’affirmative ou par la
négative) à chacune des questions posées pour que le résultat de
chaque référendum puisse être validé. Ce chiffre n’ayant pas été
atteint, la consultation a dû être annulée. Après dépouillement de
99,84% des suffrages exprimés, le taux de participation
s’établissait à 37,46%. Les résultats définitifs du scrutin
devraient être publiés vers le milieu de cette semaine, une fois
que les votes des Hongrois de l’étranger auront été
comptabilisés.

51,55% des citoyens s’étant rendus aux urnes ce dimanche (soit
1,5 million de personnes) se sont prononcés en faveur de l’octroi
de la double nationalité aux Hongrois de souche vivant à
l’étranger, contre 48,45% des votants (1,4 million de personnes) se
déclarant hostiles à une telle mesure. Concernant la question de
l’arrêt de la privatisation  des hôpitaux, 65,01% des votants
estimaient que ceux-ci devaient rester publics (contre 35% d’un
avis contraire).

« Le référendum a échoué », a déclaré le premier ministre hongrois
Ferenc Gyurcsány, qui s’est dit heureux que ses compatriotes
n’aient pas confondu nationalisme et « patriotisme responsable ». La
coalition social-démocrate menée par M. Gyurcsány avait fait
campagne en faveur d’un « non » aux deux questions. Le premier
ministre en exercice a également dénoncé l’attitude de
l’opposition, coupable à se yeux d’avoir joué avec les sentiments
de la nation hongroise. « J’ai entendu les électeurs dire non à
l’émotion, à la partialité et à un vain retour au passé et au
populisme [..] », a conclu M. Gyurcsány.

Le chef de file de l’opposition conservatrice, l’ancien premier
ministre Viktor Orbán, a affirmé que le résultat du scrutin était
valide. « Le ‘oui’ l’a emporté, le ‘non’ a perdu. Le résultat du
référendum est valide », a déclaré M. Orbán, avant d’appeler le
gouvernement à soutenir l’octroi de la double nationalité malgré le
résultat du scrutin.

Miklós Patrubány, président de la
Fédération mondiale des Hongrois (organisation à l’origine du
référendum sur la double nationalité), a déclaré que
« l’autre camp l'[avait] emporté grâce à une campagne
fondée sur le mensonge […]. Ce sujet bénéficie d’un soutien
considérable, et seule la fraude électorale peut donc
expliquer que nous n’ayons pas réussi
[à rallier une majorité suffisante] « .