Echec du croche-pied allemand aux régions intermédiaires

L’ultime tentative de Markus Pieper, rapporteur du texte voté au Parlement européen sur la politique de cohésion, n’a pas suffi à contrecarrer la création d’une nouvelle catégorie de régions, désormais réclamée par la Commission européenne.

EURACTIV.fr

L’ultime tentative de Markus Pieper, rapporteur du texte voté au Parlement européen sur la politique de cohésion, n’a pas suffi à contrecarrer la création d’une nouvelle catégorie de régions, désormais réclamée par la Commission européenne.

L’Allemand Markus Pieper (PPE) se voyait bien en bourreau des régions intermédiaires. Au point de mettre en place une stratégie bien huilée : après avoir organisé sa campagne pour le ’non’ en inondant les messageries des eurodéputés, le conservateur a tenté une ultime parade pour faire avorter le projet si cher aux régions françaises. 

A l’occasion du vote en plénière sur son rapport, mardi 5 juillet, le député a souhaité déposer en son nom, et sans concertation avec les autres groupes politiques, plusieurs amendements dont l’un d’entre eux remettait en cause la notion de régions intermédiaires. La démarche a été déclarée illégale par la présidence du Parlement.

Les eurodéputés ont finalement entériné la création de cette nouvelle catégorie de régions, qui disposeraient d’un budget de 39 milliards d’euros entre 2014 et 2020 selon les propositions de la Commission. Même s’ils défendent les territoires en transition, les Verts ont cependant préféré s’abstenir sur le vote du rapport dans son intégralité. »Le Parlement européen aurait dû aller plus loin en proposant un indicateur plus pertinent que le PIB, en lui ajoutant des critères sociaux et environnementaux, afin de mesurer le bien-être des territoires lors de la répartition des aides entre les régions européennes », écrivent les eurodéputés Karima Delli, François Alfonsi et Catherine Grèze dans un communiqué.

De leur côté, les socialistes n’ont pas boudé leur plaisir, quelques semaines après l’adoption du rapport de Salvador Garriga qui abondait dans le même sens. « Le paquet politique régionale adopté est de bon augure », a commenté le député du S&D Patrice Tirolien, même « si nous n’en sommes encore qu’à la première étape d’un long processus ».

Si le Parlement et la Commission sont acquis à la cause des régions intermédiaires, le Conseil l’est beaucoup moins. Lors d’une conférence de presse, Markus Pieper a bien insisté sur le manque de soutien des États à ces mesures transitoires. Selon lui, elles amèneraient les régions à « rester les bras croisés sans se donner d’incitations pour progresser ». Certains pays, à l’instar de l’Italie ou de la Suède, se sont clairement exprimés contre les régions intermédiaires. D’autres, comme l’Allemagne ou la France, n’opposent pas de refus net mais se gardent bien de soutenir le projet ouvertement.

Le coup de pouce financier concernerait une cinquantaine de régions européennes, dont une dizaine en France.