Echec des négociations sur le déficit américain
La commission spéciale du Congrès, chargée d’examiner les moyens de réduire le déficit fédéral, ne délivrera pas d’accord. Démocrates et républicains ne sont parvenus à aucun compromis sur les impôts et les programmes sociaux.
La commission spéciale du Congrès, chargée d’examiner les moyens de réduire le déficit fédéral, ne délivrera pas d’accord. Démocrates et républicains ne sont parvenus à aucun compromis sur les impôts et les programmes sociaux.
Ils auront préféré jeter l’éponge plutôt que de se mettre d’accord sur les mesures de réduction du déficit fédéral. C’est dire combien les divergences de vue entre les deux grandes formations politiques américaines sont importantes.
Echec du « Super-comité »
Créée après l’accord sur le relèvement du plafond de la dette américaine obtenu in extremis cet été, la commission spéciale du Congrès américain, formée de six démocrates et six républicains, n’aura pas rempli sa mission.
Ce « super-comité » était censé définir, d’ici mercredi 23 novembre, les grandes lignes d’un programme d’assainissement budgétaire de près de 1 000 milliards de dollars sur 10 ans, convenu par l’administration Obama.
« Après des mois de travail acharné et de délibérations intenses, nous sommes arrivés aujourd’hui à la conclusion qu’aucun accord bipartisan ne sera en mesure d’être annoncé avant la date limite du comité », annoncent dans un communiqué commun ses deux co-présidents, Jeb Hensarling, élu républicain à la Chambre des représentants, et Patty Murray, sénatrice démocrate.
Les accusations pleuvent
Démocrates et républicains se sont aussitôt rejetés la faute. Dans un discours prononcé lundi soir, Barack Obama a accusé les républicains de s’être obstinément opposés à toute augmentation des impôts des classes favorisées. « Ce refus a été le principal obstacle empêchant le Congrès de parvenir à un accord pour réduire davantage le déficit », a-t-il déclaré.
Côté républicain, on blâme le président pour son manque d’autorité et le refus des démocrates de toucher aux programmes fédéraux d’assurance maladie, qui risquent pourtant de plomber les finances publiques du fait du vieillissement de la population.
Coupes automatiques
Conformément à l’accord trouvé cet été, l’échec du « super-comité » devrait entraîner des réductions des dépenses supplémentaires de 1 200 milliards de dollars à partir de 2013.
Ces coupes budgétaires automatiques doivent frapper à parts égales les programmes civils et militaires. Mais les républicains sont hostiles à la réduction des budgets militaires de 600 milliards de dollars sur dix ans. Le secrétaire à la Défense du gouvernement Obama, Leon Panetta, a lui-même mis en garde contre leurs « conséquences dévastatrices » sur la défense américaine.
Pas d’impact immédiat
La dette des États-Unis a franchi ce mois-ci la barre des 15 000 milliards de dollars, soit l’équivalent du produit intérieur brut du pays. Mais si les agences de notation Standard & Poor’s et Moody’s ont assuré que l’échec des négociations n’aurait pas d’impact immédiat sur la note de crédit américaine, cette situation est pour le moins inquiétante.
Même largement attendue, l’absence d’accord bipartisan sur les grandes orientations du budget américain devrait accroître l’incertitude sur les marchés. Aucune initiative d’envergure n’étant vraisemblablement à attendre en matière de réduction des déficits avant l’élection présidentielle de 2012.
Fitch, qui avait prévenu en août qu’« un échec du super comité aurait probablement un résultat négatif sur la notation (américaine, ndlr)», devrait pour sa part rester fidèle à cette ligne de conduite et revoir ses perspectives sur le maintien du AAA attribué aux États-Unis.