Drones russes en Pologne : les propos d'un ministre slovaque créent la polémique

Le ministre slovaque des Affaires étrangères minimise les incursions de drones russes en Pologne, ce qui suscite l'indignation de l'opinion publique et alimente de nouveaux appels à des manifestations antigouvernementales massives.

EURACTIV Slovaquie
Slovak Foreign Minister Juraj Blanar visits Warsaw
Le ministre slovaque des Affaires étrangères, Juraj Blanar, s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, à l'issue de leur réunion au siège du ministère des Affaires étrangères à Varsovie, en Pologne, le 13 mars 2025. [EPA/MARCIN OBARA]

BRATISLAVA – Le ministre slovaque des Affaires étrangères, Juraj Blanár, a suscité la controverse après avoir affirmé que les drones russes qui ont pénétré sur le territoire polonais étaient probablement destinés à l’Ukraine plutôt qu’à la Pologne.

« Je veux croire que les drones qui ont pénétré sur le territoire polonais n’avaient pas l’intention d’attaquer la Pologne, mais qu’ils devaient finir en territoire ukrainien », a-t-il déclaré en réponse aux incursions de drones russes au-dessus de la Pologne mercredi 10 septembre.

Cette déclaration maladroite a suscité la colère de l’opinion publique et de l’opposition, qui a récemment annoncé qu’elle reprendrait les manifestations antigouvernementales de masse qui avaient été suspendues pendant plusieurs mois.

L’ancien ministre des Affaires étrangères Ivan Korčok (PS) a accusé  Juraj Blanár de « perdre le contact avec la réalité », tandis que le Premier ministre Robert Fico et le ministre de la Défense Robert Kaliňák ont qualifié la violation de l’espace aérien d’incident grave qui doit faire l’objet d’une enquête, mais se sont abstenus de blâmer directement la Russie.

« Il est absolument nécessaire d’évaluer objectivement si l’incident était intentionnel ou accidentel, et sous quel contrôle se trouvaient les drones », a écrit Robert Fico dans un communiqué.

Tibor Gašpar, député influent du Smer, a ajouté qu’il ne pensait pas « qu’il soit dans l’intérêt de la Russie d’attaquer un pays de l’UE ».