Droits de douane : la France échoue à convaincre la Chine d'épargner le cognac

Paris et Pékin n’ont pas réussi à s’accorder sur la question des droits de douane que la Chine menace d’imposer sur le cognac et l’armagnac français.

EURACTIV.com
10th France China High Level Economic and Financial summit in Paris
epa12102196 China's Vice Premier He Lifeng (L) and France's Finances Minister Eric Lombard (R) shake hands following a press conference during the 10th France - China High Level Economic and Financial Dialogue at The Ministry of Economics and Finance at Bercy in Paris, France, 15 May 2025. EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON

Paris et Pékin n’ont pas réussi à s’accorder sur la question des droits de douane que la Chine menace d’imposer sur le cognac et l’armagnac français.

« Le dialogue économique, à ce stade, n’a pas permis d’apporter une solution définitive à ce contentieux », a déclaré le ministre de l’Économie Éric Lombard, à l’issue d’une réunion avec le vice-Premier ministre chinois He Lifeng. jeudi 15 mai.

Il a toutefois insisté sur le fait que la porte des négociations restait « ouverte ».

La Chine envisage d’appliquer, à partir du 5 juillet, une taxe de 34 % sur les spiritueux français en représailles aux droits de douane imposés par l’Union européenne sur les véhicules électriques chinois.

Le marché chinois représente un enjeu de taille pour la filière française, avec 1,4 milliard d’euros d’exportations de spiritueux vers la Chine en 2024. Face à cette menace, certains producteurs de cognac ont déjà anticipé des licenciements.

Éric Lombard a également alerté sur le « déséquilibre commercial croissant » entre la France et la Chine, qui atteindrait 47 milliards d’euros cette année. À l’échelle européenne, le déficit dépasse désormais les 300 milliards, les importations chinoises ayant doublé depuis 2014.

Tout en reconnaissant des « divergences d’opinions bien connues », le ministre a rappelé l’importance d’un dialogue fondé sur le respect mutuel pour surmonter les tensions commerciales, une déclaration implicite qui contraste avec l’approche plus agressive de l’administration américaine de Donald Trump.

« La France et la Chine, l’UE et la Chine, ont la responsabilité partagée de résoudre leurs différends économiques et commerciaux par le dialogue et le respect mutuel », a-t-il expliqué.

Ces remarques interviennent juste après que la Chine et les États-Unis ont convenu de suspendre certains droits de douane réciproques pendant 90 jours.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]