Droit à l'avortement : une centaine d'organisations paneuropéennes soutiennent l'initiative « Ma voix, Mon choix », la pression monte sur la Commission

La Commission doit se prononcer avant le 2 mars sur la suite juridique qu'elle souhaite donner au mouvement citoyen.

EURACTIV.com
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my voice my choice [Naisasialiitto Unioni]

Pas moins de 170 organisations de la société civile ont écrit mercredi à Ursula von der Leyen pour l’inciter à réagir à l’initiative « Ma voix, Mon choix », qui vise à faciliter et à garantir l’accès à l’avortement dans toute l’UE.

Les signataires cherchent à pousser l’exécutif européen à créer un fonds de soutien pour l’accès à l’avortement, conformément aux demandes formulées à travers le mouvement « Ma voix, Mon choix » qui a recueilli plus d’un million de signatures en 2025. La Commission doit se prononcer avant le 2 mars sur la suite juridique qu’elle souhaite donner.

« La Commission a aujourd’hui une occasion décisive de répondre à ces menaces, de prévenir les dommages et de mettre en place une solution concrète au niveau européen », écrivent les signataires.

La lettre a été signée par des organisations paneuropéennes telles que le Center for Reproductive Rights et la Fédération internationale pour la planification familiale, ainsi que par des associations nationales, notamment Akcja Demokracja en Pologne et l’Union hongroise des libertés civiles. Elle n’était pas seulement adressée à Mme von der Leyen, mais aussi à Olivér Várhelyi, commissaire européen chargé de la santé, à Hadja Lahbib, responsable de l’égalité au sein de l’UE, et à Roxana Mînzatu, vice-présidente de la Commission chargée des droits sociaux.

Cette démarche auprès de la Commission intervient alors que les opposants à l’avortement ont intensifié leurs attaques ces dernières semaines.

L’extrême droite et les conservateurs invoquent également le fait que la santé, y compris l’avortement, reste une compétence nationale.

Cependant, les organisations de la société civile soulignent le caractère volontaire de la participation nationale au fonds potentiel. « La mise en œuvre de l’initiative ne porterait pas atteinte aux compétences des États membres ni à leurs systèmes de santé », peut-on lire dans leur courrier.

La Commission elle-même a souligné le 16 décembre, lors d’un débat au Parlement européen, que le projet « Ma voix, Mon choix » « ne vise pas à interférer avec les lois nationales sur l’avortement, qui restent de compétence nationale ».

Le 17 décembre, le Parlement européen a adopté à une faible majorité une résolution soutenant le mouvement « Ma voix, Mon choix ».

Plus récemment, le 21 janvier, le Comité économique et social européen a adopté un avis affirmant que l’avortement est « un droit humain fondamental qui doit être protégé pour toutes les femmes » et soutenant le mécanisme financier proposé.