Doutes sur l’efficacité des labels pour la consommation écologique [FR]
Selon les experts réunis lors d’une table ronde à Bruxelles, les systèmes d’étiquetage destinés à modifier les préférences des consommateurs en faveur de produits plus écologiques ont une efficacité limitée et doivent être combinés à d’autres mesures.
Selon les experts réunis lors d’une table ronde à Bruxelles, les systèmes d’étiquetage destinés à modifier les préférences des consommateurs en faveur de produits plus écologiques ont une efficacité limitée et doivent être combinés à d’autres mesures.
Selon Jim Murray, ancien directeur de l’organisation européenne des consommateurs, le BEUC, à ce jour, il y a peu de répercussions économiques provenant des marchés de niche pour les produits écologiques dans le secteur de la grande distribution.
M. Murray, qui a débattu de la question avec d’autres experts lors d’une table ronde à l’European Business Summit (EBS) le 22 février à Bruxelles, a déclaré que des systèmes comme l’éco-label européen sont décevants en termes d’impact sur les modèles d’achat.
Les consommateurs sont également désorientés par une prolifération de plaintes liées à l’environnement qui perdent progressivement tout leur sens.
Des inquiétudes concernant l’utilisation excessive de différents labels ont également été formulées par Roland Vaxelaire, du groupe Carrefour. Selon lui, les entreprises ont besoin d’un soutien plus important afin de réduire les prix pour des produits plus écologiques, et même si les labels sont importants, il ne faut pas pour autant désorienter les consommateurs ni les faire culpabiliser.
L’UE devrait également éviter la situation dans laquelle elle s’est trouvée avec la question de la nutrition, a-t-il déclaré en référence à la controverse actuelle sur les règles européennes d’étiquetage concernant l’alimentation (EURACTIV 31/01/08).
La Commission prévoit actuellement une révision et une éventuelle expansion du système de l’éco-label dans le cadre d’un nouveau plan d’action sur la consommation et la production durables (SCP), attendu pour la mi avril (EURACTIV 21/02/08).
Gianni Ciserani de Proctor & Gamble a affirmé aux participants que les consommateurs veulent tout et que des modèles de consommation plus écologiques resteront impossibles tant que les produits n’offriront pas simultanément de meilleurs résultats, une juste valeur, une expérience mémorable et de la durabilité.
Selon lui, en continuant de proposer un compromis, il n’y aura pas de changement dans le comportement du consommateur, tel qu’on peut le souhaiter.
Tous les experts ont convenu que les labels peuvent être utiles tant qu’ils sont basés sur des critères cohérents et facilement compréhensibles et qu’ils sont combinés avec d’autres mesures. Néanmoins, les points de vue diffèrent en ce qui concerne les avantages fiscaux.
M. Murray a constaté que les allègements fiscaux n’ont pas eu autant de succès que prévu, citant une étude de 2006 de la Commission britannique sur le développement durable.
Erika Mink de Tetra Pak a appelé à la prudence concernant l’utilisation de la fiscalité, tandis que l’ancien commissaire à l’Agriculture Franz Fischler s’est exprimé en faveur de taxes plus élevées sur l’utilisation des ressources, compensées par des baisses d’impôts sur le revenu. M. Fischler a également affirmé que le marché devait jouer un rôle plus important en créant des mesures visant à inciter des modes de consommations plus écologiques.
Lors d’un débat séparé à l’EBS, Günther Verheugen, le commissaire européen à l’Entreprise et l’industrie, a fait part de son soutien à un système basé sur des mesures incitatives plutôt que sur des mesures de prescription afin de stimuler davantage la politique de production industrielle. La Commission présentera un plan d’action relatif à la politique industrielle durable (SIP) avec le plan d’action sur la SCP.