Double langage des Européens sur la pêche en eaux profondes
Le think tank britannique NEF (New Economics Foundation) a publié, ce 3 décembre, un rapport qui lève le voile sur les pressions exercées par les États membres pour relever les quotas européens visant les espèces profondes. La France est un des premiers porte-paroles des pêcheurs.
Le think tank britannique NEF (New Economics Foundation) a publié, ce 3 décembre, un rapport qui lève le voile sur les pressions exercées par les États membres pour relever les quotas européens visant les espèces profondes. La France est un des premiers porte-paroles des pêcheurs.
L’annonce par le Conseil européen, le 10 novembre, de 20 nouveaux quotas sur les espèces en eaux profondes pour 2015 et 2016 a suscité la colère de nombreuses associations environnementales. Favorisant la surpêche, ces totaux admissibles de capture (TAC) s’avèrent en effet contraires à l’esprit de la réforme de la politique commune de la pêche (PCP).
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L’étude de la NEF révèle que pour les 16 espèces bénéficiant d’un avis scientifique du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM), 11 quotas dépassent les recommandations, en particulier pour le sabre noir et la brème de mer.
Les États membres tentent d’augmenter les quotas
Surtout, elle a pu avoir accès aux différentes propositions par État membre. Au regard des 16 espèces étudiées par les scientifiques, la NEF montre ainsi que l’Espagne a proposé les quotas les plus importants, dépassant de 1405 tonnes par an les recommandations du CIEM. Elle est suivie par le Portugal, qui les surpasse de 1054 t/an. La France arrive en 3è position, avec sa proposition de quotas supérieurs de 700 t/an par rapport aux avis scientifiques.
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Au-delà des tonnages de capture, le système de pêche a aussi plus ou moins d’impact sur les communautés et l’environnement. Selon la NEF, les pêcheurs portugais utilisent majoritairement de petits palangriers pour capturer le sabre noir tandis que les pêcheurs français recourent surtout à de grands chalutiers qui emploient 6 fois moins de personnes par tonne de poissons débarquée.
Les prochains quotas doivent encore être confirmés lors du Conseil européen des 15 et 16 décembre.
