Donald Trump reporte l’application des droits de douane de 50 % sur les importations européennes
Donald Trump a annoncé dimanche 25 mai qu’il repoussait au 9 juillet l’entrée en vigueur des droits de douane de 50 % sur toutes les importations en provenance de l’UE annoncés la semaine dernière, afin de laisser davantage de temps aux négociations.
Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche 25 mai qu’il repoussait au 9 juillet l’entrée en vigueur des droits de douane de 50 % sur toutes les importations en provenance de l’Union européenne annoncés la semaine dernière, afin de laisser davantage de temps aux négociations.
Vendredi dernier, le locataire de la Maison-Blanche menaçait Bruxelles de droits de douane de 50 % sur toutes les importations en provenance de l’UE à partir du 1er juin si aucun accord commercial n’était conclu cette semaine, alors qu’il estime que les négociations « ne vont nulle part ».
Ce week-end, Donald Trump et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont tous deux annoncé le report de cette dernière mesure tarifaire.
Dans un message publié sur son réseau Truth Social dimanche, Donald Trump a déclaré avoir discuté avec la présidente de la Commission de sa récente menace.
« Elle vient de m’appeler et elle a demandé une prolongation de la date du 1er juin, et elle a dit qu’elle voulait entamer des négociations sérieuses », a-t-il déclaré à la presse le même jour, avant d’embarquer dans son Air Force One, au retour d’un week-end dans le New Jersey.
« Nous avons eu une très bonne conversation et j’ai accepté de déplacer la date au 9 juillet. […] Elle m’a dit que nous allions rapidement nous rencontrer et voir si nous pouvions trouver une solution », a poursuivi le président.
De son côté, Ursula von der Leyen a écrit sur ses réseaux sociaux qu’elle avait eu un « bon appel » avec Donald Trump et a indiqué qu’elle avait demandé plus de temps pour les négociations.
« L’Europe est prête à faire avancer les négociations rapidement et de manière décisive », a écrit la cheffe de l’exécutif européen. « Pour parvenir à un accord satisfaisant, nous aurions besoin d’un délai jusqu’au 9 juillet », a-t-elle ajouté.
La porte-parole principale de la Commission, Paula Pinho, voit dans cet appel le signe d’un « nouvel élan pour les négociations ».
« Il est positif de voir qu’il y a un engagement au niveau des présidents et de notre côté, nous avons toujours dit que nous étions prêts à conclure un accord », a-t-elle déclaré face à la presse à Bruxelles lundi 26 mai.
La date du 9 juillet correspond à la fin de la pause de 90 jours annoncée par Donald Trump en avril, lorsqu’il avait suspendu temporairement une série de droits de douane visant les produits européens.
La Commission européenne, en charge de la politique commerciale de l’Union, négocie actuellement un accord commercial avec l’administration américaine afin d’éviter les droits de douane annoncés par Washington. Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, était en contact avec l’administration américaine à ce sujet vendredi, et la porte-parole principale de l’exécutif européen a annoncé que les négociateurs américains et européens poursuivront les discussions lundi dans l’après-midi.
En réponse aux menaces américaines, la Commission a prévenu qu’elle se tenait prête à riposter en instaurant ses propres mesures douanières sur une série de produits américains exportés vers l’Europe, pour un montant total estimé à 116 milliards d’euros. Cette liste inclut notamment des véhicules et des avions.
La Commission a également indiqué son intention de saisir l’Organisation mondiale du commerce (OMC) afin de contester les mesures prises par les États-Unis.
Ces derniers mois, l’Union européenne a déjà été visée à trois reprises par des droits de douanes imposées par l’administration Trump : 25 % sur l’acier et l’aluminium, 25 % sur les automobiles, puis 20 % supplémentaires sur l’ensemble des autres produits européens dès le mois d’avril.
Cette dernière mesure, qualifiée de « droits de douane réciproques », avait été suspendue jusqu’au 9 juillet pour permettre la tenue de négociations. Toutefois, des droits « universels » de 10 % continuent de s’appliquer sur la majorité des biens européens exportés vers les États-Unis.
Depuis son retour à la présidence, Donald Trump multiplie les critiques à l’égard de l’Union européenne, qu’il accuse régulièrement d’être un partenaire commercial encore plus problématique que la Chine.
Les autorités américaines estiment leur déficit commercial vis-à-vis de l’UE à 235 milliards de dollars en 2024 pour les seuls biens. De son côté, la Commission européenne souligne que l’excédent américain dans les services réduit ce déséquilibre à environ 50 milliards d’euros, soit près de 57 milliards de dollars.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]