Donald Trump quitte le sommet de l’OTAN sur une note positive, l’Europe soulagée

Les Alliés se sont accordés pour porter les dépenses de défense à au moins 3,5 % de leur PIB national, avec 1,5 % supplémentaires pour les infrastructures. Mais l’exploit réel, côté européen, aura peut-être été d’avoir su composer avec Donald Trump.

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NATO Summit In The Hague Final Day
Donald Trump. [Getty Images/Jakub Porzycki_NurPhoto]

Les alliés de l’OTAN se sont accordés pour porter les dépenses de défense de 2 % à au moins 3,5 % de leur PIB national, avec 1,5 % supplémentaires dédiés à la sécurité au sens large (comme les infrastructures). Mais l’exploit réel, côté européen, aura peut-être été d’avoir su composer avec celui qui a un jour qualifié l’Alliance d’« obsolète » : le président américain Donald Trump.

Le bon déroulement des discussions doit beaucoup au secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, fin connaisseur des ressorts diplomatiques et des exigences de son hôte. Il a soigneusement cadré le programme du sommet, qu’il a adapté à la capacité d’attention réputée fluctuante de Donald Trump, et n’a pas ménagé ses efforts pour flatter le président américain. Ce dernier a notamment été logé dans une suite du palais royal néerlandais.

« Les dirigeants de l’OTAN ont commencé à construire une Alliance plus forte, plus juste et plus efficace », a déclaré Mark Rutte à l’issue des discussions.

« [Donald] Trump a clairement indiqué que les États-Unis étaient attachés à l’OTAN », a-t-il ajouté. Mais le président américain a également « clairement indiqué que les États-Unis attendaient des alliés européens et du Canada qu’ils contribuent davantage. Et c’est exactement ce que nous les voyons faire ».

Fidèle à lui-même, Donald Trump n’a pas tardé à revendiquer l’intégralité du succès : selon lui, cette hausse budgétaire est une conséquence directe de ses pressions répétées sur les alliés européens, qu’il accuse depuis des années de profiter de la protection américaine sans en assumer les coûts. Il a salué l’accord comme une « victoire monumentale » pour Washington.

La veille, le président américain avait semé la confusion en remettant une nouvelle fois en question l’engagement des États-Unis envers la clause de défense mutuelle de l’OTAN alors qu’il se rendait à La Haye à bord de l’Air Force One présidentiel.

Puis, le lendemain, il a adopté un ton plus conciliant, affirmant que Washington était avec les alliés « jusqu’au bout ». Selon des témoignages provenant de la salle où se tenait la réunion des dirigeants, Donald Trump s’est montré très amical avec ses homologues.

Cette brève accalmie n’a pas dissipé les tensions, car la satisfaction du président américain se fait au détriment des autres. Le nouvel engagement de l’OTAN prévoit une révision des dépenses d’ici 2029 qui tiendra compte d’une réévaluation de la menace sécuritaire posée par la Russie, laissant la porte ouverte à de nouveaux ajustements à l’avenir.

Dérogation pour l’Espagne

Le texte semble laisser à l’Espagne une marge de manœuvre suffisante pour maintenir ses dépenses à 2,1 %, à condition que l’armée espagnole fournisse les capacités requises par l’Alliance. Les deux parties peuvent se targuer d’avoir remporté une victoire, du moins pour l’instant.

Donald Trump a toutefois clairement indiqué mercredi qu’il ne laisserait pas le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s’en tirer à bon compte. Il a promis des représailles commerciales si Madrid continuait à traîner les pieds.

« Nous négocions un accord commercial avec l’Espagne. Nous allons leur faire payer deux fois plus cher. Et je suis très sérieux à ce sujet », a déclaré le locataire de la Maison-Blanche après le sommet. « Ils veulent profiter un peu du système, mais je ne vais pas les laisser faire », a-t-il ajouté.

La question ukrainienne

Contrairement aux sommets de l’OTAN tenus à Vilnius en 2023 et à Washington en 2024, le président ukrainien Volodymyr Zelensky n’a pas été convié à la session principale de la réunion actuelle — une décision perçue comme une concession à Donald Trump.

Les relations entre les deux dirigeants sont notoirement tendues et avaient atteint un point critique après une confrontation houleuse lors de la visite de Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche en février dernier.

Pourtant, leur tête-à-tête à La Haye, très attendu compte tenu de ce contexte, s’est déroulé sans incident, et les deux hommes ont qualifié leur conversation de « bonne ».

Bien qu’aucune avancée concrète n’ait émergé de cette rencontre, le simple fait qu’elle se soit déroulée dans un climat apaisé peut être considéré comme un modeste succès diplomatique — surtout lorsqu’on sait à quel point les relations personnelles influencent parfois les dynamiques internationales.

L’Europe a convaincu Donald Trump

Du côté de Donald Trump, le ton était résolument positif après le sommet.

« Je suis venu ici parce que c’était mon devoir, mais je repars avec un sentiment différent », a expliqué Donald Trump aux journalistes avant de monter à bord de l’avion du retour. « Je pars en disant que ces gens aiment vraiment leur pays, que ce n’est pas une arnaque, et que nous sommes ici pour les aider à protéger leur pays. »

[Édité par Anne-Sophie Gayet]