Dmitri Medvedev rend quelques services à Vladimir Poutine avant de tirer sa révérence
Le président sortant russe, Dmitri Medvedev, a approuvé hier (3 avril) une nouvelle loi officiellement destinée à ouvrir le système politique mais qui, selon ses détracteurs, mènera en réalité au « chaos ». Dans le même temps, il semble toujours hors de question qu’il accorde la grâce présidentielle au magnat des affaires et opposant au Kremlin Mikhaïl Khodorkovski, toujours incarcéré.
Le président sortant russe, Dmitri Medvedev, a approuvé hier (3 avril) une nouvelle loi officiellement destinée à ouvrir le système politique mais qui, selon ses détracteurs, mènera en réalité au « chaos ». Dans le même temps, il semble toujours hors de question qu’il accorde la grâce présidentielle au magnat des affaires et opposant au Kremlin Mikhaïl Khodorkovski, toujours incarcéré.
M. Medvedev, qui devrait tirer sa révérence en mai pour laisser sa place au premier ministre actuel, Vladimir Poutine (voir « Contexte »), a promulgué cette nouvelle loi lors d'une réunion avec les leaders de l'opposition. L'évènement a toutefois été boycotté par les organisateurs des récentes manifestations anti-Kremlin à Moscou et dans d'autres grandes villes.
Cette nouvelle loi facilitera l'enregistrement des partis politiques en réduisant le nombre minimum requis de membres de 40 000 à 500, ce qui devrait faciliter la tâche aux groupes qui ont organisé les manifestations.
Selon le Moscow Times, 45 chefs de parti ont été invités au Kremlin, dont quelques grandes figures politiques des années 1990, comme les communistes Viktor Anpilov et Gennady Seleznev, et d'autres personnalités moins connues telles que le leader nationaliste Sergueï Baburin et le dirigeant du parti Juste Cause, Andreï Dounaïev.
D'éminents hommes politiques comme Sergueï Oudaltsov, le leader du mouvement de l'opposition Front de Gauche, et Oleg Mitvol, ancien préfet de Moscou et futur dirigeant du parti vert, ont cependant refusé de participer à la réunion.
Après avoir appris que les chefs de partis ne pourraient pas s'exprimer lors de la rencontre, M. Oudaltsov a annulé sa venue.
Selon certains membres de l'opposition, un seuil de 500 membres bénéficierait en réalité au parti au pouvoir, dans la mesure où il sera plus facile de manipuler une opposition composée d'une myriade de partis.
« Je pense que de nombreux partis vont émerger. C'est l'objectif du pouvoir : inonder la scène politique de nombreux nouveaux partis pour créer le chaos », a expliqué M. Oudaltsov, cité par Reuters.
Le président élu, Vladimir Poutine, a déclaré que certaines barrières à l'enregistrement devraient rester en place pour empêcher la création de partis nationalistes régionaux qui pourraient alimenter le sentiment séparatiste dans ce pays multiethnique riche en pétrole.
La Douma, la chambre basse du parlement, où Russie unie a la majorité, examine également une loi sur l'élection directe des gouverneurs régionaux qui sont actuellement de facto nommés par le président.
Les autorités espèrent que cette nouvelle loi occupera l'opposition qui se verra impliquée dans des campagnes électorales locales, ce qui devrait affaiblir leur influence au Kremlin et au gouvernement lors du mandat de M. Poutine qui durera six ans.
Mauvaise nouvelle pour Mikhaïl Khodorkovski
Dans le même temps, une mauvaise nouvelle est tombée pour les partisans de l'opposant au Kremlin Mikhaïl Khodorkovski, qui ne se verra pas accorder la grâce présidentielle.
Rejetant les arguments des avocats de l'homme d'affaires, M. Medvedev affirmé que toute personne réclamant la grâce présidentielle devait exprimer des remords pour le crime commis.
M. Khodorkovski a été condamné à 13 ans et six mois de prison pour vol de pétrole et blanchiment d'argent, bien qu'il ait toujours clamé son innocence. Il a été condamné à deux reprises pour fraude et il devrait rester en prison jusqu'en 2017.
L'affaire Khodorkovski était considérée par certains comme un test pour Medvedev qui devait introduire un nouveau style de politique et gagner en indépendance vis-à-vis de son mentor, Vladimir Poutine. L'an dernier, un proche collaborateur de M. Medvedev a expliqué à Bruxelles que son patron ne vivait pas dans un climat « favorable au libéralisme, à la démocratie et aux choses de ce genre ».