Divisions autour du portefeuille de l'immigration attribué à la Grèce
La coalition grecque au pouvoir s'est félicitée de l'attribution du nouveau poste de commissaire à l’immigration à Dimitris Avramopoulos, l'actuel ministre grec de la Défense. Pour l'opposition, il s'agit d'un cadeau empoisonné.
La coalition grecque au pouvoir s’est félicitée de l’attribution du nouveau poste de commissaire à l’immigration à Dimitris Avramopoulos, l’actuel ministre grec de la Défense. Pour l’opposition, il s’agit d’un cadeau empoisonné.
Marque de confiance ou « patate chaude », le nouveau portefeuille de l’Immigration divise la classe politique grecque. Le président élu de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a annoncé le 10 septembre la nomination du ministre grec de la Défense, Dimitris Avramopoulos au poste de commissaire à l’immigration et aux affaires intérieures.
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Diplomate de carrière et ancien ministre des Affaires étrangères, M. Avramopoulos était un des candidatsà la présidence du parti de la Nouvelle démocratie en 2009. Il avait retiré sa candidature au tout dernier moment pour soutenir Antonis Samaras, l’actuel premier ministre. Ce dernier a d’ailleurs été élu devant Dóra Bakoyánni aux commandes du parti de centre droit aujourd’hui au pouvoir de la République hellénique.
Une marque de confiance
Le premier ministre grec, Antonis Samaras, semble être content du choix du président de la nouvelle Commission.
La décision du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, est « un honneur exceptionnel pour la Grèce, et est une marque de confiance importante envers notre pays », a déclaré Antonis Samaras.
Il a qualifié Jean-Claude Juncker d’« ami ». Pour Antonis Samaras, c’était « un portefeuille complètement nouveau qui avait été créé à partir de rien afin de mettre en avant la nécessité d’accorder de l’importance aux questions migratoires au sein des politiques européennes. Le gouvernement grec a toujours reconnu que la lutte contre l’immigration illégale a toujours été une priorité ».
« Ce portefeuille est une récompense pour les efforts de longue haleine déployés avec rigueur pour faire en sorte que l’action européenne s’attaque à ce problème de façon efficace » considère-t-il.
Le premier ministre grec s’est également réjoui de la nomination de Margaritis Schinas au poste de porte-parole de l’exécutif européen, qualifiant ce dernier d’homme « de valeur et expérimenté ».
Margaritis Schinas, ancien eurodéputé de Nouvelle démocratie (centre-droit), est à la tête de la Task Force pour la Grèce depuis mai 2013. En 2010, il a également été directeur adjoint du Bureau des Conseillers de politique européenne auprès de l’actuel président de la Commission, José Manuel Barroso.
L’immigration, un sujet chaud
Le 11 septembre, l’eurodéputé Dimitris Papadimoulis de Syriza, le parti de gauche radicale grecque, a affirmé que, même si la nouvelle Commission était un peu moins « pâlotte », elle poursuivrait sur la même voie que l’ancien exécutif.
La grande nouveauté à ses yeux est la construction « pyramidale » décidée par M. Juncker. « En lieu et place d’avoir 28 commissaires sur un pied d’égalité, [Jean-Claude Juncker] a décidé de nommer sept vice-présidents en vue d’encadrer l’activité des autres commissaires », a-t-il expliqué à la radio grecque Alpha.
Au sujet du portefeuille de l’immigration, Dimitris Papadimoulis a mis en garde Dimitris Avramopoulos. À ses yeux, ce dernier doit se rendre bien compte qu’il détient dans ses mains une véritable « patate chaude ».
« Ce poste est en effet important et intéressant. Mais M. Avramopoulos aura une supérieure [qui le surveillera], à savoir Federica Mogherini », tout en précisant que le commissaire grec « n’aura pas une responsabilité totale » de son portefeuille.