Discrétion autour de la mission de Pierre Lellouche sur les relations franco-turques

Une mission sur les relations franco-turques a été confiée par Nicolas Sarkozy au député UMP Pierre Lellouche, qui s’est rendu à Ankara « pour un premier contact avec les autorités turques », selon un communiqué laconique de l’Elysée.

Une mission sur les relations franco-turques a été confiée par Nicolas Sarkozy au député UMP Pierre Lellouche, qui s’est rendu à Ankara « pour un premier contact avec les autorités turques », selon un communiqué laconique de l’Elysée.

« Une mission concernant les relations franco-turques ». Tel est le contenu pour le moins flou de la mission confiée par Nicolas Sarkozy au député UMP de Paris, Pierre Lellouche, mercredi 26 mars. Alors que les relations entre la France et la Turquie ne sont pas au beau fixe, eu égard notamment à l’opposition réitérée du président français de voir la Turquie adhérer à l’Union européenne, cette mission laisse planer toutes les interrogations.

S’agit-il pour l’Elysée de réchauffer ses relations avec Ankara ? Dans quels buts ? Difficile de répondre à ces questions. A l’UMP, à l’Elysée, à l’Assemblée nationale, à l’ambassade de Turquie en France ou de France en Turquie, personne ne semble capable d’en dire plus. La lettre de mission n’a pas été diffusée, et au Quai d’Orsay certains diplomates proches du dossier indiquent avoir été mis au courant « très tardivement ». De la à penser que le ministère des Affaires étrangères l’aurait appris par le communiqué de presse de l’Elysée…

À la suite de la défaite du député aux municipales, dans le 8e arrondissement, serait-ce un lot de consolation de Nicolas Sarkozy ? Pierre Lellouche serait, quoi qu’il en soit, à l’heure qu’il est en Turquie.

Quid de sa position sur l’adhésion de ce pays à l’UE ? Il semblerait que le député de Paris soit favorable à l’entrée de la Turquie dans l’UE, et défende ainsi une position différente de celle du chef de l’État.

Pierre Lellouche avait cependant indiqué, dans une tribune signée peu avant l’ouverture des négociations avec la Turquie, le 3 octobre 2005, qu’en l’absence de réformes supplémentaires et de gestes politiques forts envers Chypre ou l’Arménie, il convenait « plutôt que de se fixer un objectif politiquement hors d’atteinte, de mettre en place de manière pragmatique un partenariat ».