Directive sur la gestion des déchets textiles : les Polonais cherchent à contourner les règles de collecte

Alors que la législation de l’Union européenne (UE) imposant la collecte sélective des textiles entre en vigueur, les Polonais contournent les règles en se débarrassant légalement des textiles dans les poubelles mixtes.

EURACTIV Pologne
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Selon la directive européenne (2018/851), les États membres de l’UE sont tenus de mettre en œuvre un système de collecte sélective des textiles — une obligation qui, pour la Pologne, est entrée en vigueur le 1er janvier 2025. [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/used-clothes-recycling-utility-circular-economy-1123987181" target="_blank" rel="noopener">Vitaliy Kyrychuk/shutterstock.com</a>]

VARSOVIE – Alors que la législation de l’Union européenne (UE) imposant la collecte sélective des textiles entre en vigueur, les Polonais contournent les règles en se débarrassant légalement des textiles dans les poubelles mixtes.

Selon la directive européenne (2018/851), les États membres de l’UE sont tenus de mettre en œuvre un système de collecte sélective des textiles — une obligation qui, pour la Pologne, est entrée en vigueur le 1er janvier 2025.

La responsabilité de leur mise en œuvre incombe aux gouvernements locaux, qui doivent offrir aux résidents la possibilité de se débarrasser correctement des vêtements et des chaussures par le biais des points de collecte sélective municipaux (PSZOK).

Les municipalités ne sont pas tenues de collecter ces articles directement auprès des ménages, ce qui signifie que les nouveaux conteneurs ne seront pas disponibles partout.

Les nouvelles règles sur le tri des textiles et des chaussures constituent un pas en avant vers une gestion plus écologique des déchets. Les chaussures, vêtements et autres textiles doivent être déposés dans des points de collecte désignés, et non dans des poubelles ordinaires. Le non-respect de cette règle est passible d’une amende.

Jusqu’à présent, la collecte sélective des textiles n’était qu’une recommandation. Les vêtements peuvent également être déposés dans des conteneurs mis à disposition par des organisations caritatives ou des fondations. En Pologne, par exemple, la Croix-Rouge organise de telles collectes.

La population se révolte face au chaos du recyclage

Toutefois, la plupart des municipalités n’ont pas installé de conteneurs supplémentaires pour la collecte des textiles, invoquant la question du coût. Cette situation a suscité l’indignation de nombreuses personnes. Les membres d’un groupe Facebook de résidents d’un quartier de Varsovie ont souligné que les points de collecte sont ouverts à des heures où la plupart des gens sont au travail et qu’ils sont situés à une distance considérable de leur domicile.

« Aller au point de collecte des déchets sélectifs pour une chaussette ? Personne ne se rendra à l’autre bout de la commune avec une paire de chaussettes », s’est plaint un habitant d’une ville polonaise dans une publication Facebook à propos de la nouvelle réglementation. « Avec des tarifs aussi élevés pour l’enlèvement des ordures, peut-être que la municipalité s’occupera aussi de la collecte des textiles », réagit un autre habitant.

Certaines personnes admettent ouvertement qu’elles ont toujours l’intention de jeter les textiles dans les poubelles mixtes, assurant aux autres qu’ils ne doivent pas s’inquiéter des amendes, car « personne ne contrôle les ordures ».

Une autre frange de la population s’étonne que les nouvelles règles interdisent de jeter dans les poubelles mixtes des articles, tels que les chiffons de nettoyage des sols. Certains suggèrent même de mettre les textiles abîmés dans les conteneurs de la Croix-Rouge.

Les Polonais ont donc trouvé un moyen de contourner les nouvelles règles. Ils partagent sur Internet des méthodes leur permettant de jeter les vêtements usagés dans les poubelles mixtes.

Dans l’un des groupes Facebook de quartier de Varsovie, les membres discutent de la manière de se débarrasser « légalement » des textiles. Un habitant affirme qu’il suffit de tacher les articles avec de l’huile, par exemple. Il ajoute que ces matériaux souillés ne font plus l’objet d’une collecte sélective.

Le coût des erreurs de tri des déchets

Cependant, le fait de suivre ces conseils peut entraîner des sanctions financières. Le portail d’information Interia a souligné qu’il est faux de croire que les municipalités n’inspectent pas les déchets, car cela se fait au stade de la collecte. Un tri erroné ou inexistant entraîne des coûts supplémentaires pour l’entreprise de gestion des déchets, qui en informe alors la municipalité, laquelle doit couvrir les frais.

En conséquence, les frais d’élimination des déchets peuvent augmenter. Les autorités n’ont pas besoin d’effectuer des inspections ou de fouiller dans les déchets pour déterminer si les résidents respectent les règles. Si le problème est isolé ou dû à une mauvaise compréhension des règles, elles peuvent adopter une approche pédagogique et s’adresser directement aux résidents.

Il est également faux de dire que le fait de tacher un tissu ou un chemisier avec de l’huile octroie le droit de le jeter dans les déchets mixtes. Le ministère du Climat et de l’Environnement a déclaré à l’agence de presse polonaise (PAP) que « tous les textiles sont des déchets municipaux et que leur état (propre ou sale) n’a pas d’importance pour la sélectivité ».

« Le propriétaire doit séparer correctement ses déchets municipaux dans les conteneurs/sacs appropriés ou les remettre au point de collecte sélective des déchets (conformément à la réglementation sur le maintien de la propreté et de l’ordre dans une commune donnée) », a rappelé le ministère.