Difficultés pour définir le rôle de la BCE

Hier (14 décembre), l'Allemagne a réaffirmé son refus d'une intervention musclée de la Banque centrale européenne sur les marchés, tandis que le ministre irlandais des affaires européennes réclamaient un rôle plus décisif pour la banque.

EURACTIV.com / Reuters
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Hier (14 décembre), l'Allemagne a réaffirmé son refus d'une intervention musclée de la Banque centrale européenne sur les marchés, tandis que le ministre irlandais des affaires européennes réclamaient un rôle plus décisif pour la banque.

L'Allemagne a demandé à l'Europe de s'en tenir à une discipline budgétaire stricte et d'oublier les solutions à cours terme après que les marchés financiers ont estimé que le sommet européen n'était à nouveau pas parvenu à fournir des solutions permettant d'enrayer la crise de la dette dans la zone euro.

Dans des discours séparés, Angela Merkel et le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, ont exprimé leur opposition à une action décisive de la Banque centrale européenne pour empêcher la crise d'empirer.

Mme Merkel a déclaré au parlement mercredi (14 décembre) : « Le gouvernement allemand a toujours affirmé que la crise de la dette européenne ne pourrait pas être résolue d'un seul coup. Il n'existe pas de solution miracle. »

Une ministre irlandaise en faveur d'une intervention de la BCE

M. Weidmann, qui jouit d'une grande influence à la BCE, a rappelé qu'il était contre l'idée d'un renforcement des achats d'obligations des Etats de la zone euro en difficulté, affirmant qu'il n'était pas partisan du programme d'achat limité existant et que même ceux qui l’étaient commençaient à devenir sceptiques.

Dans le même temps, la ministre irlandaise des affaires européennes, Lucinda Creighton, a déclaré lors d'une réunion à Paris que l'accord de la semaine dernière conclu par 26 Etats membres n'allait pas résoudre les problèmes.

« Avoir le pacte budgétaire en place pour mars est souhaitable mais je ne pense pas que cela sauvera l'euro », a-t-elle expliqué à la presse parisienne.

« Idéalement, [je voudrais voir] une déclaration très claire de la BCE dans laquelle elle se dirait prête à faire ce qui est nécessaire pour sauver la devise et à être le rempart ultime », a-t-elle affirmé. « Je ne crois pas que nous en soyons là mais j'ai le sentiment que nous y arriverons. »

L'Irlande et la France s'accordent sur la nécessité pour la Banque centrale européenne d'agir comme un prêteur en dernier ressort, mais il n'y a pas encore de consensus, a-t-elle poursuivi. Paris a décidé de moins insister sur une action de la BCE, soulignant son respect pour l'indépendance de la banque, en partie pour se montrer conciliant avec son allié, l'Allemagne.

Les émissions d'obligations l'an prochain seront un test

Mme Creighton a laissé entendre que la crise pourrait empirer lorsque des pays comme l'Italie et l'Espagne iront sur les marchés pour lever des fonds en janvier et février prochains.  « Ils seront mis à l'épreuve. Il faudra voir quelle sera l'ampleur de cette épreuve », a-t-elle expliqué.

M. Weidmann a déclaré à la presse que le mandat de la BCE l'empêchait de se livrer à des achats d'obligations illimités et que l'expérience avait montré que ça ne menait de toute façon qu'à l'inflation.

« Selon moi, il est incroyable de penser que l'on peut gagner la confiance de quelqu'un en enfreignant les règles », a-t-il argué.

La France a déclaré qu'elle souhaitait, tout comme l'Allemagne, organiser un autre sommet de la zone euro en janvier pour prévoir les prochaines étapes visant à relancer la croissance, alors que nombreux sont ceux qui craignent que des mesures d'austérité renforcées n'entraînent l'économie européenne dans une récession, l'Allemagne étant déjà presque au point mort.

Un autre membre de la BCE, le gouverneur de la banque centrale néerlandaise, Klaas Knot, affirme que les leaders européens pourraient résoudre la crise de la dette s'ils augmentaient leur fonds de sauvetage à au moins mille milliards d'euros, directement ou via des contributions au FMI.

Dans le même temps, les banques se sont vu conseiller par le directeur de la banque italienne Unicredit de ne pas utiliser les liquidités supplémentaires fournies par la Banque centrale européenne pour acheter des obligations souveraines.