Difficiles transitions aux frontières de l’Europe [FR]
L’influence de l’UE sur son voisinage au sens large – de l’Europe de l’est en passant par l’Asie centrale et l’Afrique du nord – s’affaiblit dans certains endroits mais offre un potentiel sous-utilisé dans d’autres, selon Richard Youngs, directeur de recherche au sein d’un think tank espagnol, qui a présenté une nouvelle étude cette semaine à Bruxelles.
L’influence de l’UE sur son voisinage au sens large – de l’Europe de l’est en passant par l’Asie centrale et l’Afrique du nord – s’affaiblit dans certains endroits mais offre un potentiel sous-utilisé dans d’autres, selon Richard Youngs, directeur de recherche au sein d’un think tank espagnol, qui a présenté une nouvelle étude cette semaine à Bruxelles.
Ces cinq dernières années, il y a eu un débat intellectuel virulent à propos des réactions violentes contre la démocratie, a déclaré M. Youngs, qui a présenté sa publication, « La situation désespérée de la démocratie dans le voisinage de l’Europe », à Bruxelles mercredi (20 janvier).
La Géorgie et l’Ukraine, a-t-il dit, ont toutes deux exprimé leur ambition européenne, ce qui représente un succès pour l’objectif proclamé par l’UE de diffuser la démocratie au-delà de ses frontières (EURACTIV 15/01/10).
Mais la réticence de l’UE à étendre ses perspectives d’adhésion officielle a refroidi les incitations aux réformes démocratiques.
M. Youngs, chercheur à la Fondation espagnole pour les relations internationales et le dialogue extérieur (FRIDE), a réunit – avec Michael Emerson du Centre pour l’étude des politiques publiques européennes (CEPS) – des contributions d’analystes politiques issus de 15 pays différents du voisinage de l’UE.
Présentant ses résultats au CEPS, think tank basé à Bruxelles, il a déclaré que l’UE souffrait de problèmes profonds concernant la réconciliation de son élargissement et de son approfondissement avec la légitimité démocratique.
En conséquence, des choses très différentes se produisent à des endroits différents du voisinage de l’UE, a-t-il noté.
Notre étude distingue deux ensembles de pays, a expliqué M. Emerson, chercheur de premier plan de l’unité Politique de voisinage du CEPS.
Certains des voisins proches de l’UE – les Etats balkaniques, la Turquie, la Géorgie, l’Ukraine, l’Arménie et la Moldavie – sont considérés comme connaissant des transitions difficiles qui visent à se rapprocher du modèle européen de démocratie, selon les recherches de MM. Emerson et Youngs.
La même chose est vraie pour la Roumanie et la Bulgarie, ont ajouté ces deux analystes, malgré le fait qu’elles aient rejoint l’UE en 2007.
Dans ces pays, la démocratie existe, a dit M. Emerson. Il a également insisté sur les élections ukrainiennes de la semaine dernière, qu’il a qualifiées de propres pour la première fois, contrairement à ce qui s’était passé il y a cinq ans (EURACTIV 15/01/10).
Malgré des gouvernements chaotiques, la démocratie a fait son chemin dans ces pays depuis les décevantes révolutions de couleur, a-t-il commenté, affirmant que cela offrait des signes encourageants.
Le second ensemble réunit la Russie, les Etats d’Asie centrale (Azerbaïdjan, Kazakhstan), la Biélorussie et les pays d’Afrique du nord, où l’on constate une tendance contraire de dynasties qui prolifèrent, a affirmé M. Emerson.
Il reste aux décideurs politiques européens à tirer des conclusions pour les stratégies de promotion de la démocratie, a-t-il dit, soulignant que les politiques de voisinage de l’UE ne correspondaient pas vraiment à sa catégorisation.
Pour les Etats autoritaires sans perspective européenne, il pourrait bien y avoir une longue période devant eux durant laquelle le scénario le plus probable reste une nouvelle période des Lumières, a déclaré le chercheur du CEPS.