Deux ministres bulgares aux Pays-Bas pour tenter d’assurer l’adhésion de Sofia à Schengen

Deux ministres bulgares sont en visite aux Pays-Bas pour tenter de parvenir à une avancée politique sur la question de l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen. Les Pays-Bas sont l’un des pays qui se dressent contre l’adhésion de la Bulgarie à Schengen.

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Le ministre de l’Intérieur, Ivan Demerdzhiev, et le ministre des Affaires étrangères, Nikolay Milkov, effectuent par conséquent une visite à La Haye et participent à plusieurs réunions lundi et mardi (29-30 novembre). [Shutterstock/M-SUR]

Deux ministres bulgares sont en visite aux Pays-Bas pour tenter de parvenir à une avancée politique sur la question de l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen. Les Pays-Bas sont l’un des pays qui se dressent contre l’adhésion de la Bulgarie à Schengen et y opposent leur veto.

Les ministres bulgares de l’Intérieur, Ivan Demerdzhiev, et des Affaires étrangères, Nikolay Milkov, effectuent par conséquent une visite à La Haye et participent à plusieurs réunions mardi et mercredi (29-30 novembre).

L’adhésion de la Bulgarie, de la Roumanie et de la Croatie à Schengen fera l’objet d’un vote au Conseil « Justice et Affaires intérieures » (JAI) début décembre (8-9 décembre). La décision d’adhésion devant être votée à l’unanimité, un seul État membre peut bloquer le processus.

La Bulgarie, la Roumanie, la Croatie, l’Irlande et Chypre sont les seuls États membres de l’UE ne faisant pas partie de l’espace Schengen. Des pays qui ne font pas partie de l’UE — Islande, Norvège, Suisse et Liechtenstein — en sont quant à eux membres.

M. Demerdzhiev avait confirmé qu’il serait membre du panel de la conférence organisée par EURACTIV Bulgarie et par l’eurodéputé social-démocrate Ivo Hristov (S&D). L’évènement, « L’affaire Pegasus : comment les technologies s’infiltrent dans l’espace personnel et prennent le contrôle de nos démocraties », s’est déroulé lundi mais le ministre a toutefois annulé sa participation, sa décision de se rendre aux Pays-Bas ayant été prise à la dernière minute.

Les Pays-Bas, la Suède et l’Autriche doutent de la capacité de la Bulgarie et de la Roumanie à assurer correctement la surveillance de la frontière extérieure de l’UE, en raison de leur incapacité à lutter contre la corruption et le crime organisé.

La pression exercée par les Pays-Bas et le soutien croissant de la Suède contribuent à accélérer le processus visant à écarter la Bulgarie et la Roumanie de l’adhésion à Schengen, a appris EURACTIV Bulgarie de ses sources au sein des institutions européennes.

Il semble de plus en plus probable que les dirigeants européens soutiendront, début décembre, l’admission de la Croatie et de la Roumanie, tandis que la Bulgarie restera sur la touche. Cela serait considéré comme une humiliation politique de taille par Sofia.

La Bulgarie et la Roumanie remplissent les critères d’adhésion, le Parlement européen ayant donné son accord pour l’adhésion des deux pays en juin 2011. Toutefois, pour adhérer à la zone, le consensus unanime des parties au Conseil de l’UE est nécessaire, or il n’a pas été obtenu pour l’instant.

Le 18 octobre de cette année, le Parlement européen a de nouveau appelé de ses vœux l’admission de la Bulgarie et de la Roumanie, rappelant que la libre circulation constitue la base du projet européen.