Deux jours de débat pour légitimer la PAC

Alors que les premières lignes directrice sur la future politique agricole commune de l’Union seront publiées en novembre, la Commission européenne réunit 600 personnes à Bruxelles pour débattre de la question.

EURACTIV.fr
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Alors que les premières lignes directrice sur la future politique agricole commune de l’Union seront publiées en novembre, la Commission européenne réunit 600 personnes à Bruxelles pour débattre de la question.

Le commissaire européen Dacian Ciolos s’apprête à lancer, lundi 19 et mardi 20 juillet à Bruxelles, une conférence sur l’avenir de la politique agricole commune (PAC). Les quelque 600 participants attendus tenteront de faire le point sur cet épineux dossier, moins d’un mois après la clôture de la consultation publique sur la PAC lancée par la Commission européenne.

Au programme des discussions, par exemple : la qualité alimentaire, mais aussi l’avenir du monde rural, ainsi que l’environnement et les biens publics produits par l’agriculture. En ateliers, les participants pourront également aborder le maintien de la productoin alimentaire européenne, ainsi que la vitalité du monde rural, ou la diversité alimentaire.

En séance plénière, le directeur général de l’Agriculture de la Commission européenne, Jean-Luc Demarty, présidera une séance sur le diagnostic et l’orientation de la future PAC, et tentera de concilier les points de vue de représentants d’associations de consommateurs (BEUC), d’industriels (CIAA), de commerçants alimentaires (CELCAA) et des agriculteurs (Copa Cogeca).

«Une fois que le politique aura écouté tout le monde, il devra trancher», estime la vice-présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, qui préside un atelier sur la sécurité alimentaire. «Ceux qui remettaient la PAC en cause commencent à changer d’avis, notamment à cause de la crise», analyse cette syndicaliste. Au cours de la conférence, elle compte rappeler les deux priorités mises en avant par son syndicat pour l’après-2013 : le maintien du budget pour la future PAC, et la rénovation de la préférence communautaire.

De son côté, le chercheur Bertrand Hervieux, membre du Club Saint-Germain et intervenant à la conférence de Bruxelles, insiste sur l’importance de l’accès à l’alimentation par tous. «Avec la crise, on évalue à 16 millions le nombre d’Européens qui ont des problèmes d’accès à l’alimentation», affirme l’ancien président de l’Inra. «L’actuelle PAC prend cet aspect en compte, mais peut-être sera-t-il davantage développé cette fois-ci, comparé aux réformes antérieures», poursuit-il.

Bertrand Hervieux insiste également sur la prise en compte de la diversité agricole au sein des 27. «Aujourd’hui, on ne peut plus parler de modèle agricole européen. Nous ne sommes plus à l’époque de l’Europe des Six, dont l’agriculture reposait sur un modèle familial», poursuit-il. 

Avec cette conférence, le commissaire européen à l’Agriculture Dacian Ciolos cherche à légitimer le débat sur la PAC, en assimilant cette politique au thème de l’alimentation, et non plus seulement à l’agriculture. «L’un des grands problèmes de cette politique est que les Européens ne la comprennent pas», commente Bertrand Hervieu.

Le commissaire européen promet des lignes directrices sur l’avenir de la PAC pour novembre, juste avant de publier un paquet législatif destiné au secteur laitier. Puis suivra le débat budgétaire, tout au long de l’année 2011.

En tout, la consultation publique de la Commission lui a permis de recueillir près de 6000 contributions, en provenance des 27 pays.