Dette grecque : ne dites pas restructuration mais "reprofilage"

Les responsables politiques rivalisent d’euphémismes pour éviter d’affoler les marchés.

EURACTIV.fr

Les responsables politiques rivalisent d’euphémismes pour éviter d’affoler les marchés.

Au début du mois, la Grèce comme la BCE s’efforçaient de couper court aux rumeurs prédisant une restructuration de la dette grecque. Mais, depuis le début de la semaine, ce qui était exclu devient probable.

A l’issue de la réunion de ministres des Finances européens, le 17 mai, le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker s’est risqué à évoquer , »une restructuration douce », de la dette grecque.

Le commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn a quant à lui évoqué pudiquement la possibilité d’un « reprofilage » de la dette grecque. Celui-ci consisterait à retarder le remboursement des créances avec l’accord volontaire des prêteurs.

Une idée qui ne ferait qu’aggraver la situation, selon des responsables de la BCE : « On entend à présent parler de restructuration douce (…) comme si le fait qu’un pays développé puisse ne pas rembourser ses dettes ne constituait pas un élément dévastateur pour la stabilité financière dans son ensemble », a déclaré le membre du directoire de la BCE, Lorenzo Bini Smaghi lors d’une conférence à Milan.

« Je suis opposé à toute restructuration douce parce que je ne comprends pas ce que cela veut dire. Personne ne sait ce que cela veut dire », a-t-il ajouté.

Un point de vue partagé par un autre membre du directoire  : « Une restructuration de la dette balaiera tout ou partie du capital des banques grecques, donc c’est une recette pour aller à la catastrophe », a conclu, un autre membre de la BCE, Jürgen Stark, lors d’une conférence à Athènes.

Le FMI est de son côté prévenu à ce que la mise en œuvre des réformes était trop lente. Elles doivent être  » fermement dynamisées », a insisté Poul Thomsen, chef de mission du FMI à Athènes, pour éviter que la Grèce ne passe à côté des objectifs qui conditionnent l’octroi  du plan de sauvetage de 110 milliards d’euros co-financé par le FMI et l’UE.