Détournement de fonds : le Parquet européen enquête sur un groupe auquel a appartenu le RN au Parlement européen
Le Parquet européen (EPPO) a ouvert une enquête officielle sur des allégations de détournement de fonds européens par Identité et Démocratie (ID), un ancien groupe d’extrême droite du Parlement européen auquel appartenait notamment le Rassemblement national (RN).
Un porte-parole du Parquet a confirmé à Euractiv mardi 8 juillet que « l’EPPO a ouvert une enquête », à la suite d’informations parues dans les médias selon lesquelles ID aurait détourné plus de 4,3 millions d’euros de fonds européens entre 2019 et 2024. Le porte-parole a refusé de commenter davantage l’affaire, invoquant la confidentialité de l’enquête.
Aucune personne n’a encore été inculpée et toutes sont présumées innocentes.
Ce développement intervient suite aux conclusions d’un projet d’audit du Parlement européen, dont des extraits ont été publiés début juillet par Le Monde, le journal allemand Die Zeit et le magazine autrichien Kontraste. L’audit aurait mis en évidence des dépenses irrégulières de la part de partis affiliés à ID, notamment des contrats de services fictifs, des procédures de passation de marchés irrégulières et des dons destinés à des activités non parlementaires à des groupes liés à des figures de proue de l’extrême droite européenne, dont Marine Le Pen.
Philip Claeys, ancien secrétaire général du groupe ID, a nié toute malversation. « Tous les paiements effectués dans les cinq dernières années ont été dûment facturés, justifiés et contrôlés », a-t-il expliqué au Monde la semaine dernière.
Le Parquet européen est chargé d’enquêter sur les infractions graves portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union et collabore avec les services répressifs nationaux dans le cadre de ses enquêtes.
Le groupe ID a été dissous peu après les élections européennes de juin 2024, lorsqu’il a été remplacé par le groupe Patriotes pour l’Europe.
Cette enquête s’ajoute à une pile croissante de procédures judiciaires impliquant Marine Le Pen et son parti. Dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaures, le tribunal de Paris a condamné Marine Le Pen pour détournement de fonds européens liés à des emplois d’assistants parlementaires et l’a déclarée inéligible aux élections (présidentielle et législatives) pour les cinq prochaines années. Elle a fait appel de cette décision.
Marine Le Pen a rejeté les dernières accusations en date, estimant qu’elles sont motivées par des raisons politiques.
Jordan Bardella président du RN et chef du groupe des Patriotes pour l’Europe au Parlement européen, a déclaré mardi qu’il voyait en cette enquête « le signe d’une nouvelle opération de harcèlement de la part de l’administration du Parlement européen ».
L’ancien groupe du RN au Parlement européen accusé d’avoir « indûment dépensé » plus de 4,3 millions d’euros
Identité et Démocratie (ID), un groupe d’extrême droite désormais dissous, aurait détourné plus de 4,3…
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]