Désaccord au sein de la coalition allemande sur les livraisons d’armes à l’Ukraine
Après le retour de trois membres importants du Bundestag de leur visite en Ukraine, la question de savoir si l’Allemagne doit livrer des armes lourdes à l’Ukraine est devenue controversée au sein de la coalition de « feux tricolores ».
Après le retour de trois membres importants du Bundestag de leur visite en Ukraine, la question de savoir si l’Allemagne doit livrer des armes lourdes à l’Ukraine est devenue controversée au sein de la coalition de « feux tricolores » au pouvoir dans le pays.
À l’issue de leur visite, mardi 12 avril, les trois présidents des commissions de l’Europe, de la Défense et des Affaires étrangères du Bundestag — toutes dirigées par des membres de la coalition au pouvoir — ont appelé le chancelier allemand Olaf Scholz à autoriser la livraison d’armes lourdes à l’Ukraine.
Ils reprochent tous à M. Scholz de freiner le processus.
« Le problème se situe au niveau du bureau du chancelier », a expliqué Anton Hofreiter, président de la commission de l’Europe du Bundestag, à RTL, mercredi 13 avril. « Nous devons maintenant enfin commencer à fournir à l’Ukraine ce dont elle a besoin, et cela inclut des armes lourdes. »
Alors que la ministre des Affaires étrangères écologiste Annalena Baerbock plaide depuis longtemps en faveur de l’envoi d’armes lourdes à l’Ukraine, le gouvernement dirigé par les sociaux-démocrates a jusqu’à présent refusé de le faire.
Toutefois, le co-leader des Verts, Omid Nouripour, a réfuté la déclaration de ses collègues du parti, déclarant lors d’une conférence de presse que la condamnation du chancelier ne représenterait pas « la ligne des Verts ».
Des fractures apparaissent également au sein des sociaux-démocrates, où le président du SPD, Rolf Mützenich, considéré comme le numéro deux de son parti, a réagi farouchement à l’appel à livrer des armes lourdes à Kiev.
« Il n’y a pas de réponses simples, pas même lorsqu’il s’agit de fournir des équipements militaires lourds à l’Ukraine. Quiconque affirme cela se comporte de manière irresponsable », a déclaré M. Mützenich dans un communiqué publié jeudi.
S’il a affirmé qu’il « peut être juste » de se faire une idée de ce qui se passe en Ukraine « sur le terrain », il a ajouté qu’« exiger des décisions sans précédent » sur la base des perceptions de l’Ukraine serait « une erreur ».
Dans sa déclaration, Rolf Mützenich a également critiqué son collègue du SPD, Michael Roth, président de la commission des Affaires étrangères, qui a annoncé un changement de cap concernant l’envoi d’armes lourdes suite à sa visite en Ukraine.
« Je dis que l’Ukraine a besoin de toutes les armes maintenant pour se défendre, pour se défendre encore plus efficacement. Ces armes doivent pouvoir être déployées rapidement, elles doivent être livrées en toute sécurité, puis elles doivent pouvoir être utilisées », a déclaré M. Roth dans un entretien accordé hier à la chaîne ARD.
La présidente de la troisième commission qui s’est rendue en Ukraine, Marie-Agnes Strack-Zimmermann, du parti FDP, un parti au pouvoir, a vivement critiqué la réaction du président du SPD.
« Mützenich est, malheureusement, l’un de ceux qui n’ont pas compris et ne veulent pas comprendre la nécessité du Zeitenwende [le tournant] de leur propre chancelier », a indiqué Strack-Zimmermann sur Twitter.
« Il ne peut pas accepter le fait qu’une vision du monde datée et rigide se soit effondrée et ignore les processus du parlement pour le faire. »