Des progrès fragiles dans les discussions entre la Serbie et le Kosovo, sur fond d'élections anticipées
Le Premier ministre kosovar Albin Kurti a appelé les membres de l’opposition à se réunir ce week-end pour discuter des négociations en cours avec la Serbie, alors que les observateurs suggèrent la possibilité d’une élection anticipée.
Le Premier ministre kosovar Albin Kurti a appelé les membres de l’opposition à se réunir ce week-end pour discuter des négociations en cours avec la Serbie, alors que les observateurs suggèrent la possibilité d’une élection anticipée.
Depuis deux semaines, des rumeurs circulent selon lesquelles la Serbie et le Kosovo pourraient parvenir à un accord décisif avant la fin de l’année. Des questions telles que l’adhésion à l’UE, la libéralisation des visas et la question de la reconnaissance sont sur la table pour le Kosovo.
De son côté, la Serbie, qui souhaite adhérer à l’UE et qui dépend du gaz russe, espère que les pressions qu’elle subit en vue de s’aligner sur les sanctions russes prendront fin.
Le président de l’Alliance pour l’avenir du Kosovo, Ramush Haradinaj, a demandé, à la suite de la réunion, une plus grande implication des États-Unis dans le dialogue entre le Kosovo et la Serbie.
« Le sujet était l’accord final avec la Serbie pour la reconnaissance mutuelle, nous avons discuté du processus, de l’accord, des défis, c’était une réunion significative », a déclaré M. Haradinaj.
« Pour que ce processus soit pleinement garanti, l’accord final avec la Serbie doit être signé au niveau américain », a-t-il ajouté.
Cet accord est le plan dit franco-allemand, rédigé par les envoyés de Paris et de Berlin récemment nommés dans la région.
Ce plan prévoit que Belgrade accepte l’indépendance du Kosovo, sans la reconnaître formellement, ce qui lui permettrait d’obtenir certains avantages financiers et la perspective d’une adhésion à l’UE en contrepartie, ont rapporté les médias.
Toutefois, les observateurs et certains députés ont évoqué la possibilité d’élections anticipées pour faire face au processus de décision. Le journaliste kosovar Xhemajl Rexha a déclaré que M. Kurti ne veut pas accepter la proposition franco-allemande.
Dans une interview pour Euronews Albanie, M. Rexha a déclaré que M. Kurti pourrait démissionner et mener le pays à des élections anticipées.
« L’une des options est que M. Kurti démissionne, car la proposition n’est pas la bonne. En convoquant de nouvelles élections, il peut tirer davantage de bénéfices en étant réélu avec plus de voix », a également déclaré le journaliste.
La pression monte également sur M. Kurti pour qu’il reporte la règle des plaques d’immatriculation qui doit entrer en vigueur le 1er novembre.
Déjà reportée en raison des pressions exercées par l’Union européenne et les États-Unis, la nouvelle réglementation prévoit que toutes les voitures du Kosovo devront porter des plaques d’immatriculation kosovares, y compris les quelque 50 000 véhicules appartenant à la minorité ethnique serbe du nord du Kosovo, qui refuse de reconnaître la souveraineté du pays.
La présidente du Kosovo, Vjosa Osmani, a déclaré qu’il n’était pas acceptable que des plaques d’immatriculation datant du régime génocidaire de Slobodan Milosevic circulent dans le pays. Elle a indiqué que 90 % des Serbes de la région nord avaient changé leurs plaques et que les autres devaient le faire pour s’aligner sur l’État de droit.