Des mois après son annonce, l’initiative mondiale de santé de l’UE reste floue

Plusieurs mois après son dévoilement, la nouvelle initiative mondiale de l’UE en matière de santé peine encore à prendre forme. Selon des sources proches du dossier, la Commission européenne s’emploie toujours à mobiliser des équipes et des ressources pour donner corps à un projet annoncé à la dernière minute par la présidente Ursula von der Leyen lors de son discours sur l’état de l’Union.

EURACTIV.com
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Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. [Getty Images/Thierry Monasse_Picture alliance]

Ursula von der Leyen a dévoilé l’initiative pour la résilience sanitaire mondiale lors de son discours sur l’état de l’Union en septembre, exhortant l’UE à intervenir là où « d’autres se sont retirés ». Cependant, peu de détails ont été fournis sur ce que l’initiative impliquerait ou en quoi elle différerait des politiques sanitaires mondiales existantes de l’Union.

Bruxelles dispose déjà d’une stratégie mondiale en matière de santé, adoptée en 2023, qui a été lancée avec son projet phare visant à mettre en place une production locale de vaccins en collaboration avec des partenaires africains, baptisé MAV+.

Un porte-parole de la Commission a indiqué à Euractiv qu’il n’y avait encore « aucune nouvelle » concernant cette initiative, notamment quant au commissaire ou au service qui en serait chargé. Le plan figure dans le programme de travail de la Commission pour le deuxième trimestre 2026.

Selon deux responsables de la santé mondiale qui ont récemment rencontré le cabinet de la commissaire à la Gestion de crise, Hadja Lahbib, ce manque de clarté reflète la manière dont l’initiative a vu le jour. Ils ont déclaré que la décision de l’inclure dans le discours sur l’état de l’Union avait été prise à la dernière minute par Ursula von der Leyen elle-même.

Un membre du personnel a déclaré que Ursula von der Leyen avait choisi l’initiative pour la résilience sanitaire mondiale parmi une longue liste d’autres options. Hadja Lahbib, qui supervise l’aide humanitaire et les partenariats mondiaux en matière de santé, n’avait pas été informée à l’avance du projet de la présidente de dévoiler ce plan.

La DG SANTE et la direction générale des partenariats internationaux (INTPA) n’auraient pas non plus été informés avant l’annonce.

Lutter contre la polio et les infodémies

Selon nos informations, le secrétaire général de la Commission évalue actuellement s’il convient de confier le dossier au département chargé du développement (DEVE), des urgences sanitaires (HERA), de l’INTPA ou de la DG SANTE.

En conséquence, les fonctionnaires s’efforcent de déterminer quel département rédigera l’initiative et comment celle-ci s’intégrera aux programmes d’aide au développement et aux partenariats mondiaux en matière de santé existants.

Cette incertitude intervient alors que l’UE subit une pression croissante pour combler les coupes sévères dans l’aide apportées par d’autres pays à revenu élevé, notamment les États-Unis. Des donateurs importants comme la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont également annoncé des réductions de leur aide publique au développement (APD) au cours de l’année écoulée.

« Nous ferons tout notre possible pour renforcer la préparation sanitaire mondiale », a déclaré Ursula von der Leyen en novembre dans sa ville natale de Hanovre, en référence au projet « d’éradiquer enfin la polio dans le monde entier, par exemple ».

Pour l’instant, l’initiative semble se concentrer sur le lien entre la désinformation sur les vaccins et les partenariats internationaux existants, comme l’a souligné Hadja Lahbib lors d’une réunion avec la commission de la santé du Parlement européen.

Le commissaire à la Santé, Olivér Várhelyi, a également déclaré en septembre, en marge d’une réunion avec les ministres de l’UE, que la promotion de la vaccination serait la « ligne mondiale à suivre ».