Des manifestants devant le Berlaymont pour demander le démantèlement de Google

Des militants et organisations ont manifesté ce lundi 22 septembre devant le siège de la Commission pour demander la scission de son activité publicitaire AdTech, déjà sanctionnée à hauteur de 2,95 milliards d’euros pour abus de position dominante.

EURACTIV.com
[Getty Images/Matthias Balk_Picture alliance ]

Un groupe de quatre organisations de surveillance des lobbies — LobbyControl, Rebalance Now, WeAct by Campact et WeMove Europe — a manifesté ce lundi devant le siège de la Commission européenne pour demander à la commissaire à la Concurrence, Teresa Ribera, d’aller plus loin dans son bras de fer avec Google. Elles réclament la scission de son activité publicitaire AdTech.

Début septembre, la Commission a sanctionné Google à hauteur de 2,95 milliards d’euros pour avoir enfreint les règles de concurrence de l’UE mais a laissé au groupe 60 jours pour corriger son comportement, sans exclure la possibilité de mesures plus radicales.

S’adressant à Euractiv lors de la manifestation, Ulrich Muller, de l’organisation Rebalance Now, a déclaré que seule la scission de Google ou la vente par le géant technologique d’une partie de son activité AdTech permettrait de « résoudre ce problème ».

Les militants s’appuient également sur une pétition signée par plus de 150 000 citoyens européens réclamant la même mesure. Ils espèrent que la pression publique convaincra la commissaire Ribera de durcir sa position.

La date choisie pour la manifestation n’a rien de fortuit : le même jour, aux États-Unis, un procès antitrust s’ouvrait contre Google dans le cadre d’une autre affaire concernant son AdTech. En avril dernier, un juge américain avait déjà estimé que le géant avait enfreint les règles de concurrence. « C’est pourquoi nous avons choisi cette date », a expliqué Ulrich Muller.

« Même au sein de la Commission européenne, des dirigeants tels qu’Ursula von der Leyen et le commissaire au commerce Maroš Šefčovič freinent cette initiative », a indiqué Max Bank, de LobbyControl, à Euractiv avant la manifestation. « Nous devons maintenir la pression publique », a-t-il ajouté.

De son côté, Teresa Ribera avait déjà laissé entendre que des « mesures correctives structurelles » — comme l’obligation de céder une partie de l’activité publicitaire — restaient sur la table.

Interrogé par Euractiv, un porte-parole de la Commission a assuré : « Comme toujours, nous sommes prêts à écouter les points de vue des groupes de la société civile et des consommateurs. Nous poursuivons notre enquête sur l’affaire Google AdTech en priorité. »

Contacté, Google a refusé de commenter.

[Euractiv]