Des garanties sur Lisbonne pour l’Irlande [FR]

L’Irlande est confiante dans le fait que le sommet européen de la semaine prochaine va parvenir à un accord sur les garanties légales qui lui permettront de tenir un second référendum sur le traité de Lisbonne cette année, a déclaré le 11 juin le ministre des Affaires étrangères Micheál Martin.

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L’Irlande est confiante dans le fait que le sommet européen de la semaine prochaine va parvenir à un accord sur les garanties légales qui lui permettront de tenir un second référendum sur le traité de Lisbonne cette année, a déclaré le 11 juin le ministre des Affaires étrangères Micheál Martin.

A l’exception notable de la fiscalité, nos garanties seront spécifiques à l’Irlande, a annoncé M. Martin lors d’une audition parlementaire à Dublin.

Nous devons être attentifs à ne pas déranger les procédures des autres pays en obtenant ce que nous voulons, a-t-il déclaré. Les gens sont sensibles à la question de savoir comment ces garanties seront reçues dans leurs propres systèmes politiques, a-t-il continué.

Lors d’une visite dans le sud de l’Irlande, la vice-présidente de la Commission européenne Margot Wallström a déclaré que cela prendrait quelque temps aux juristes pour formuler les garanties que l’Irlande réclame sans lancer un nouveau débat dans d’autres pays.

La volonté politique existe pour parvenir à un accord, a déclaré Mme Wallström à la radio nationale irlandaise RTE. Le sentiment qui domine c’est que nous devons avancer sur les sujets qui préoccupent vraiment les citoyens européens, a-t-elle expliqué, citant la crise économique et le changement climatique comme exemples.

M. Martin a affirmé que les questions de défense – qui inclut une garantie de ne pas porter préjudice à la neutralité de l’Irlande – étaient particulièrement sensibles dans certains pays. Les dirigeants européens doivent se rencontrer les 18 et 19 juin.

Les électeurs irlandais ont rejeté le traité en juin dernier lors du seul référendum organisé sur la question dans les 27 pays de l’Union, mais les sondages d’opinion montrent aujourd’hui qu’une bonne majorité d’Irlandais est en faveur du traité étant donné que le peuple irlandais considère l’Europe comme un bouclier face à la crise financière.

C’est reparti en novembre

Les ministres ont signalé que la deuxième tentative se tiendrait probablement en octobre, mais M. Martin s’est limité à déclarer qu’elle se déroulerait avant la fin du mandat de la Commission européenne – le 1er novembre. 

La date limite est toujours la même, a-t-il dit.

Les partis au pouvoir en Irlande ont subi des pertes importantes aux élections de la semaine passée pour le Parlement européen, les conseils locaux et deux postes de parlementaires irlandais; cela pourrait, selon les analystes, affaiblir le Premier ministre Brian Cowen dans sa capacité à mener une campagne forte pour le référendum. 

Toutefois, les partis d’opposition qui ont réalisé le plus de gains dans les urnes – Fine Gael et le Labour – soutiennent aussi le traité de Lisbonne, tandis que ses plus virulents opposants, Libertas et Sinn Fein, on tous deux échoué à se faire élire au Parlement européen.

Les élections sont derrière nous, a affirmé M. Martin aux députés. Il est temps de progresser sur un pied d’égalité. Plus tôt dans la journée, jeudi, le Président français Nicolas Sarkozy a déclaré être prêt à se rendre en Irlande pour encourager le soutien au traité. 

Un porte-parole du département de M. Martin a affirmé qu’il n’était pas encore prévu d’inviter qui que ce soit en connexion au traité, puisque la date du référendum n’avait pas encore été fixée. 

En juillet dernier, des centaines de manifestants ont accueilli M. Sarkozy à Dublin en scandant « Non, c’est non » après que M. Sarkozy ait déclaré que l’Irlande devrait organiser un autre référendum. Il avait alors répliqué qu’il valait mieux « se mêler » des affaires de l’Irlande plutôt que de rester indifférent. 

Le gouvernement irlandais a juré de mener une meilleure campagne que l’an dernier, quand les électeurs avaient cité le manque d’information sur le traité comme leur principale raison pour le rejeter.

C’est la seule chance qui nous reste, a déclaré M. Martin jeudi. Nous avons écouté le peuple, nous avons fait nôtres leurs inquiétudes, a-t-il ajouté. Nous travaillons avec nos collègues en Europe pour que l’on réponde à ces inquiétudes. Le Conseil européen va mener cette affaire à son terme, a-t-il conclu.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV.)