Des experts chinois remettent en question les "centres de PME" outre-mer
Un forum d'experts sur les relations économiques UE-Chine a dit que le projet d'ouvrir des "centres de PME" outre mer devrait être révisé, arguant plutôt en faveur d'une réorganisation des structures nationales existantes afin de concentrer les informations dans l'intérêt de l'Europe.
Un forum d'experts sur les relations économiques UE-Chine a dit que le projet d'ouvrir des "centres de PME" outre mer devrait être révisé, arguant plutôt en faveur d'une réorganisation des structures nationales existantes afin de concentrer les informations dans l'intérêt de l'Europe.
Le "China Advisory Council" (conseil consultatif chinois) suggère de restructurer les centres d'entreprises actuellement dirigés par les Etats membres de l'UE en Chine en "maisons européennes" afin de dynamiser les opportunités pour les entreprises plutôt que d'ouvrir de nouveaux centres de PME, comme l'a proposé la Commission européenne.
La Commission prévoit d'ouvrir plusieurs autres bureaux à travers le globe pour soutenir les PME et aider les entreprises européennes à accéder aux marchés émergents (EURACTIV 15/01/10). Un centre de PME de 5 millions d'euros devrait ouvrir à Pékin d'ici la fin de l'année (EURACTIV 04/11/09).
Sans forcément construire de nouvelles structures comme l'a proposé la Commission (EURACTIV 15/02/10), la double casquette des centres de PME des Etats membres existants pourrait générer une présence européenne dans les villes et provinces de Chine où certains Etats membres ne sont pas présents pour le moment.
Comme l'a dit un membre du Conseil, l'UE devrait transmettre toutes les informations depuis des Etats membres et procurer une plateforme d'information générale pour toutes les PME.
Une PME estonienne qui investit à Chengdu pourrait donc demander le soutien de la chambre de commerce allemand à Chengdu, a dit Jonathan Story, auteur de la synthèse remise à la Commission. Afin d'éviter de dupliquer les ressources existantes, la construction de nouvelles structures n'est pas forcément nécessaire.
Le rapport a été commandé dans le cadre du programme " Understanding China'", co-financé par l'exécutif de l'UE.
Perspectives pour les PME européennes dans l'est de la Chine
La Chine de l'est offre actuellement les meilleures perspectives pour les PME grâce à sa forte concentration d'anglophones, sa proximité avec les consommateurs et sa culture familière de l'entreprise. Les facteurs favorisant les opportunités d'entreprises varient largement entre l'intérieur des terres et les côtes, et le partage d'informations entre les centres de PME des Etats membres devrait aider à maximiser le potentiel de la marque européenne.
Les villes côtières de Pékin et Shanghai, par exemple, présentent les avantages d'une forte infrastructure, alors que la ville de Chongqing, située dans les terres, offre un meilleur accès au marché car elle est située au bord du fleuveYangtsé et a un gouvernement local transparent.
L'échange d'informations entre les entreprises de l'UE est juste un exemple de la valeur ajoutée d'un réseau européen dans un pays connu pour ses conditions difficiles pour les entreprises.
Une récente étude européenne a révélé que les petites entreprises qui font du commerce international créent plus d'emplois et sont plus innovantes. Les marques de luxe, l'industrie des hautes technologies et le secteur de l'environnement ont été identifiés comme des zones à fort potentiel de croissance et d'attractivité pour le label européen, mais une PME sur quatre seulement a exporté ces trois dernières années, laissant le marché chinois inexploité jusqu'ici.
L'autosuffisance de l'économie chinoise et le fait qu'elle soit peu axée sur le marché est devenu l'un des obstacles les plus importants pour les PME européennes qui veulent s'établir dans le pays. Des zones spéciales de développement économique ont été toutefois créées avec une législation plus douce sur les taxes sociales et pour les entreprises, offrant de nouvelles opportunités qui pourraient être saisies grâce à une approche européenne commune.
Le rapport recommande d'étendre le programme de la Commission "Erasmus pour les entrepreneurs" à la Chine et d'utiliser les "maisons européennes" comme des centres de formation pour les PME qui souhaitent investir en Chine.
Afin de maximiser le potentiel d'investissement et de renforcer la position de négociation de l'UE avec la Chine sur les questions commerciales, l'Advisory Council a insisté sur le fait que parler d'une seule voix serait primordial et que les Etats membres doivent montrer un "réflexe européen" dans le partage de leur savoir-faire sur les études de marché, l'accès pour les gens et les droits de la propriété intellectuelle.
La diversité de ce qui est nécessaire rend difficile la mise en place d'une politique sans ajustements dans ce domaine, et un certain nombre d'efforts ad hoc oc ont déjà été réalisés pour résoudre les problèmes spécifiques au marché auxquels sont confrontées les PME.
Par exemple, le bureau d'assistance Droits de la propriété intellectuelle à Pékin aide les entreprises à parcourir le lourd système chinois sur les brevets. De tels services devraient être intégrés dans un bureau unique et commun pour les PME, d'après l'avant-projet rédigé par le personnel de l'UE, afin de tirer le meilleur des activités nationales qui sont déjà en place.