Des eurodéputés épinglent la Slovaquie pour ses dérives démocratiques et sa mauvaise gestion des fonds de l’UE
Dans un rapport accablant, la commission du Contrôle budgétaire du Parlement européen critique la Slovaquie pour son manque de transparence dans l’usage des fonds européens.
Le rapport, publié mardi 15 juillet, est très critique à l’égard de la Slovaquie, dénonçant une détérioration de l’État de droit et une mauvaise protection des intérêts financiers de l’Union. Rédigé par la commission du Contrôle budgétaire (CONT), le document fait suite à une mission d’enquête menée en mai par l’eurodéputé tchèque Tomáš Zdechovský.
Ces conclusions font suite à une mission d’enquête menée en mai par l’eurodéputé tchèque Tomáš Zdechovský, qui a examiné les conditions de l’État de droit et la protection des intérêts financiers de l’UE en Slovaquie.
« Le rapport est plus sévère que d’ordinaire, mais malheureusement parfaitement justifié », a déclaré l’élu dans un communiqué.
Ce rapport vient s’ajouter aux préoccupations croissantes de l’UE concernant l’érosion des contrôles et des équilibres démocratiques en Slovaquie sous le gouvernement du Premier ministre Robert Fico. Ses détracteurs l’accusent d’abandonner la voie pro-occidentale de la Slovaquie et de se rapprocher davantage du Premier ministre hongrois Viktor Orbán.
L’une des principales questions soulevées dans le rapport est la « grave détérioration de l’État de droit » dans le pays.
Selon la délégation, la suppression du bureau du procureur spécial et de l’Agence nationale criminelle sous le gouvernement actuel a entraîné une chute drastique du nombre de poursuites pour crimes économiques graves, qui est passé de 120 à 150 par an à seulement deux à ce jour en 2025.
En outre, les députés européens affirment que le gouvernement Fico favorise un climat hostile à la société civile et aux médias, qui sont victimes de harcèlement administratif, de campagnes de dénigrement, de restrictions d’accès à l’information et d’intimidation.
L’Agence de paiement agricole (PPA), en charge de la distribution des fonds européens, est également pointée du doigt pour ses lacunes. Elle négligerait l’usage des outils antifraude de l’UE, comme ARACHNE, ce qui se traduirait par un contrôle inefficace et des abus généralisés dans l’octroi des subventions.
Le document critique également le financement inefficace des projets destinés à la communauté rom et tire à nouveau la sonnette d’alarme sur les allégations de surveillance et d’intimidation politique par les autorités slovaques lors de la mission du Parlement européen.
La délégation de l’UE a été vivement critiquée par les dirigeants politiques slovaques, les attaques les plus virulentes venant de Robert Fico, qui a qualifié Tomas Zdechovský d’« assassin politique » et a laissé entendre que si d’autres députés européens tentaient de se rendre en Slovaquie, ils seraient priés de quitter le pays.
Le jour même de la publication du rapport de Tomas Zdechovský, une autre mission du Parlement européen — de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures — a exprimé des préoccupations similaires à la suite de sa visite en Slovaquie en juin.
Sophie Wilmès, eurodéputée belge (Renew, libéraux) qui a codirigé la mission de juin, a averti que la Slovaquie sous Robert Fico était en passe de « devenir la prochaine Hongrie ».
Personnalité controversée tant dans son pays qu’à l’étranger, Robert Fico est revenu au pouvoir pour la quatrième fois en 2023 après que son parti de gauche, SMER, a remporté les élections législatives sur un programme pro-russe et anti-américain.
Slovaquie : une mission parlementaire européenne sous surveillance ?
L’eurodéputé tchèque Tomáš Zdechovský (Parti populaire européen, PPE) a exprimé de vives inquiétudes quant au…
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]